Refonte de Parcoursup, classes moins chargées, postes supplémentaires… Le gouvernement a multiplié les annonces lundi pour apaiser la colère lycéenne. Mais les syndicats appellent à poursuivre le mouvement. Les blocages pourraient reprendre en Isère.
Après un mois de manifestations, de blocages d’établissements et de tensions parfois violentes, le gouvernement a été contraint de lâcher du lest. Lundi 26 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu et ses ministres ont dévoilé une série de mesures destinées à répondre aux revendications des lycéens et des étudiants.
L’objectif est clair : désamorcer la contestation avant la rentrée scolaire du lundi 2 novembre, après les vacances de la Toussaint. Mais si les annonces sont nombreuses, elles n’ont pas suffi à convaincre les principales organisations de jeunesse, qui entendent maintenir la pression.
Parcoursup bientôt remplacé
Le point principal concerne la disparition programmée de Parcoursup, devenue l’un des symboles de la contestation lycéenne. La plateforme d’accès à l’enseignement supérieur devrait être modifiée dès 2027, avec davantage de transparence sur les critères de sélection et la possibilité pour les candidats de demander des explications en cas de refus.
Au-delà de Parcoursup, dont le remplacement par un nouveau dispositif est annoncé pour 2028, la contestation porte également sur les inégalités sociales, les conditions de vie des jeunes, le manque de perspectives et les difficultés d’accès à l’enseignement supérieur.

Des classes moins chargées
Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffrey s’est engagé à ce que les classes de seconde soient limitées à 28 élèves dès la rentrée 2027 dans la moitié des lycées les moins favorisés, avant une généralisation à l’ensemble des établissements en 2028.
Pour arriver à cet objectif, le gouvernement promet l’annulation des 836 suppressions de postes d’enseignants prévues dans le secondaire public et la création de 500 postes supplémentaires de professeurs dans les lycées. Un revirement qui devra passer les prochains arbitrages budgétaires…
Plus de places à l’université
À cela s’ajoutent 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur, notamment en BTS et en IUT, ainsi que 4 milliards d’euros de prêts à taux préférentiels pour accélérer la rénovation des établissements scolaires et un milliard d’euros d’investissements pour les campus universitaires.
Les bourses étudiantes seront par ailleurs indexées sur l’inflation dès la rentrée 2027. Le gouvernement promet aussi de revoir l’organisation des journées de cours, de garantir une pause déjeuner d’au moins une heure et de renforcer les moyens consacrés à la santé des élèves.

Des annonces qui ne convainquent pas
Ces mesures constituent des concessions importantes de la part du gouvernement. Mais elles ne semblent pas suffisantes pour mettre un terme au mouvement. Plusieurs organisations lycéennes et étudiantes ont immédiatement appelé à poursuivre la mobilisation, estimant que les réponses apportées restaient trop partielles et surtout trop éloignées dans le temps.
Ce timing est évidemment un handicap majeur pour le gouvernement actuel. Beaucoup de promesses faites au cours des deux quinquennats d’Emmanuel Macron n’ont pas été tenues alors qu’elles auraient pu l’être. Quel crédit apporter à de nouvelles promesses qui se concrétiseront (ou pas) à un moment où ceux qui les ont faites ne seront de toute façon plus aux commandes ?
De nouveaux blocages dans les lycées ?
Face à ce constat, de nouvelles mobilisations sont annoncées. La première aura lieu samedi 31 octobre avec une manifestation à l’appel des Gilets jaunes qui partira à 14 heures de la gare de Grenoble pour un parcours similaire au défilé du 24 octobre via les grands boulevards et le parc Paul-Mistral. L’autre rendez-vous est fixé au jeudi 5 novembre avec un appel à la grève générale porté par la plupart des syndicats.
Entre ces deux événements, il y a la rentrée lundi prochain. Les blocages des lycées vont-ils reprendre ? C’est désormais toute la question. En Isère, la mobilisation lycéenne a été particulièrement suivie depuis le début du mois d’octobre. Des établissements grenoblois ont été fermés plusieurs semaines, tandis que les manifestations ont régulièrement rassemblé des milliers de jeunes dans les rues de la capitale des Alpes.

Une rentrée décisive pour la suite du mouvement
Les annonces de lundi peuvent-elles changer la donne et ramener tous les lycéens en cours ? Les premières réactions des syndicats semblent indiquer le contraire. Mais face à un gouvernement qui vient de vider sa hotte de Noël et qui n’a ni la majorité ni le temps pour proposer d’autres mesures, est-ce que le mouvement lycéen peut espérer davantage ?
Né dans l’anonymat le lundi 21 septembre, au lycée Saint-Exupéry de Créteil, en région parisienne, ce mouvement a connu l’effet papillon faute d’avoir été pris au sérieux à temps. Personne n’est aujourd’hui capable de prédire la fin de l’histoire. D’ici le 18 avril 2027, date du premier tour de l’élection présidentielle, il peut y avoir encore quelques chapitres. Qui ne seront sûrement pas écrits à l’eau de rose.


