Une étude inédite révèle l’ampleur des bénéfices liés au passage du Tour de France cet été en Isère : l’évènement a généré plus de 38 millions d’euros de retombées économiques directes. Sans compter l’image positive du département véhiculée à travers le monde.

Le Tour de France 2026 n’a pas seulement fait vibrer les spectateurs isérois. Il a aussi constitué une véritable manne économique pour le département. C’est ce que révèle une étude réalisée par le cabinet Segat Impact, à la demande du Département de l’Isère et de l’agence Isère Attractivité.

Cette étude présentée comme une première en France à l’échelle d’un département, a pris en compte les quatre journées de course et l’Étape du Tour qui a réuni 16 000 cyclistes amateurs, le 19 juillet entre Le Bourg-d’Oisans et l’Alpe d’Huez avant le passage du peloton professionnel (22 au 25 juillet).

1,7 millions d’euros pour accueillir le Tour

Les collectivités iséroises ont investi 1,7 million d’euros pour accueillir l’événement. Une somme répartie entre les villes-étapes (48 %), les intercommunalités (28 %) et le Département (24 %). À ces dépenses s’ajoutent près de 8 000 heures de travail d’agents publics ce qui fait grimper un peu la facture.

Côté recettes, l’estimation a été plus complexe à réaliser. L’évènement étant gratuit, il ne génère aucune billetterie. Il a donc fallu estimer la fréquentation en croisant d’autres indicateurs comme l’hébergement ou les données de téléphonie mobile.

Tour de France Voiron
La victoire au sprint de Jasper Philipsen à Voiron.

Plus de 38 millions d’euros de retombées

Il en ressort que 450 000 visiteurs (dont 60 % d’étrangers) sont venus passer au moins une journée en Isère pour assister au Tour. Cet afflux supplémentaire de touristes, par rapport à un été classique, a généré 290 000 nuitées et 38,4 millions d’euros de retombées directes sur le territoire.

Les retombées ont principalement bénéficié aux villes-étapes, Voiron, Le Bourg-d’Oisans et l’Alpe d’Huez, qui ont concentré 88 % de l’impact économique. L’étude estime également que l’événement a généré un surcroît d’activité correspondant à 174 emplois à temps plein sur une année, dont plus des deux tiers dans l’hôtellerie-restauration.

Pour l’Isère c’est 22 fois la mise !

Alors que le patron du Tour, Christian Prudhomme, a l’habitude de répéter qu’un euro investi représente entre 3 et 7 euros de retombées, l’étude iséroise annonce que chaque euro d’argent public consacré à l’accueil du Tour a engendré 22 euros de dépenses touristiques. Jean-Pierre Barbier, le président du Département, répond ainsi à ceux qui estiment que l’accueil de cet évènement international coûte trop cher aux collectivités.

Avec ses 38,4 millions d’euros de retombées directes, le passage du Tour en Isère dépasse, selon les comparaisons présentées dans l’étude, la Route du Rhum à Saint-Malo (29 millions d’euros) ou la Coupe du monde de rugby 2023 à Bordeaux qui avait accueilli 5 matchs (29 millions d’euros).

Foule tour de france huez
Près de 100 000 personnes étaient massées dans la montée de l’Alpe d’Huez.

Une vitrine pour les paysages isérois

Au-delà du retour sur investissement en euros, le Tour a offert une visibilité considérable à l’Isère. Les quatre étapes ont représenté 209 millions d’heures de télévision visionnées dans le monde.

L’étape du 25 juillet, avec une arrivée à l’Alpe d’Huez, a été la plus suivie de cette édition en France, réunissant 5,4 millions de téléspectateurs sur France Télévisions et atteignant 50,5 % de part d’audience.

Une exposition médiatique qui contribue à renforcer l’image touristique du département et de ses montagnes. L’étude révèle également que 71 % des Isérois se déclarent fiers d’avoir accueilli le Tour.

Montée alpe d'huez tour de France
Les 21 virages de l’Alpe d’Huez attirent en moyenne 800 cyclistes par jour pendant l’été.

Un investissement rentable

Reste désormais à transformer cette visibilité exceptionnelle en fréquentation touristique durable. Le Département souhaite notamment capitaliser sur le développement du cyclotourisme, en s’appuyant sur ses cols emblématiques, ses itinéraires cyclables et l’image de l’Isère comme terre de vélo.

Seul bémol à ce bilan très positif, le parcours de l’édition 2027 du la Grande Boucle sera dévoilé ce jeudi 22 octobre. Et selon nos informations, il ne passera pas, cette fois, par l’Isère. On ne peut pas gagner au loto chaque année…

Elus tour de france autour de barbier
Elus, hôteliers et commerçants réunis autour de Jean-Pierre Barbier ce mardi 20 octobre pour la présentation de l’étude.