Après les pillages et dégradations du 17 octobre à Grenoble, la Chambre de Commerce et d’Industrie se mobilise pour soutenir les commerçants sinistrés. Elle réclame des aides financières et un renforcement de la sécurité.

Au lendemain des scènes de violences qui ont frappé le centre-ville de Grenoble, samedi 17 octobre, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Grenoble monte au créneau. Face à l’ampleur des dégâts subis par de nombreux commerces, son président Pierre Streiff dénonce fermement les actes de vandalisme et appelle les collectivités à prendre des mesures d’urgence.

« Ce sont bien plus que des locaux qui sont aujourd’hui dévastés », souligne la CCI dans un communiqué, rappelant que derrière les vitrines brisées et les magasins pillés, ce sont des commerçants qui perdent leur outil de travail, leurs revenus et parfois des années d’investissement.

Un constat partagé par plusieurs organisations patronales, dont le Medef Isère, présidé par Sophie Sidos, et les Entrepreneurs Isère, représentés par Pascal André, qui affichent leur solidarité avec les professionnels touchés.

Des aides financières et plus de sécurité

Si la CCI salue la réactivité de la Ville de Grenoble et de la Métropole, notamment pour les opérations de nettoyage du centre-ville, elle estime que les collectivités doivent aller beaucoup plus loin.

Elle demande notamment la création rapide d’un fonds d’urgence pour les commerçants sinistrés, mais aussi un renforcement durable de la sécurité, avec davantage de vidéoprotection et une présence accrue de la police municipale.

La chambre consulaire souhaite également le lancement d’un plan de relance économique pour soutenir les commerces de proximité, déjà fragilisés par une conjoncture difficile.

Autre préoccupation : les prochaines manifestations annoncées à Grenoble. La CCI réclame une anticipation maximale des risques, avec des dispositifs permettant d’empêcher les casseurs d’accéder au centre-ville, une meilleure sécurisation des chantiers et une information renforcée des organisations professionnelles.

La CCI mobilisée depuis samedi soir

Sur le terrain, la CCI assure être mobilisée depuis samedi 17 octobre à 20 heures, sous la coordination de son vice-président chargé du commerce, Emmanuel Lenoir, et de son directeur général, Joris Benelle.

Dès samedi soir, elle a notamment financé la présence de deux agents de sécurité pour protéger quatre commerces dont les locaux ne pouvaient plus être sécurisés après les dégradations.

Depuis ce lundi 19 octobre, un numéro unique doit permettre aux commerçants de signaler leurs difficultés. La CCI travaille également, avec l’association des commerçants Labelville, au recensement des établissements touchés et à leur accompagnement individuel.

Des entreprises et artisans sont sollicités pour fournir des matériaux et participer à la sécurisation des boutiques. Une coordination avec les services de police est également engagée afin de faciliter les dépôts de plainte.