Après les violences et les pillages qui ont secoué Grenoble, deux nouveaux rassemblements sont annoncés samedi prochain. Une perspective qui soulève de sérieuses interrogations sur la sécurité dans le centre-ville.

Une semaine seulement après les scènes d’émeutes qui ont marqué la journée du samedi 17 octobre à Grenoble, la capitale des Alpes pourrait connaître une nouvelle journée de mobilisation. La coordination des Gilets jaunes appelle en effet à un « acte II » du mouvement, samedi 24 octobre, avec deux rendez-vous annoncés dans le centre-ville grenoblois.

Le premier rassemblement est prévu à 10 heures devant l’hôtel de ville, le second à 13 h 30 place Victor-Hugo. Ces deux appels s’inscrivent dans une mobilisation nationale qui entend prolonger le mouvement de contestation engagé le 17 octobre. Plusieurs dizaines d’actions sont déjà annoncées à travers la France.

manif 17 octobre

Le traumatisme des violences du 17 octobre

À Grenoble, ces nouveaux appels à manifester interviennent dans un contexte particulièrement tendu. Samedi dernier, alors que plusieurs cortèges ont rassemblé jusqu’à 13 000 personnes selon la préfecture, le centre-ville a été le théâtre de graves violences.

En marge des manifestations, quelque 300 individus cagoulés et équipés, selon les autorités, se sont attaqués aux forces de l’ordre avant de commettre de nombreuses dégradations. Près d’une quarantaine de commerces ont été pillés, du mobilier urbain détruit et des voitures incendiées dans plusieurs secteurs du centre-ville transformés en scènes d’affrontements.

Des événements qui ont profondément marqué les commerçants et les habitants. Dès dimanche, la préfète de l’Isère, Catherine Séguin, s’est rendue auprès des professionnels touchés, accompagnée notamment de la maire de Grenoble, Laurence Ruffin, et du président de la Métropole, Guillaume Lissy. Des réunions de travail ont été annoncées pour renforcer la sécurisation des commerces et accompagner les victimes.

Comment éviter de nouveaux débordements ?

L’annonce de nouvelles manifestations pose inévitablement la question des moyens de sécurité qui seront déployés samedi prochain. Ils étaient 550 policiers et gendarmes ce samedi dans les rues de l’agglomération.

Les autorités devront donc apprécier le risque de voir des groupes violents profiter une nouvelle fois des rassemblements pour commettre des dégradations. Faut-il renforcer massivement la présence policière ? Restreindre certains parcours dans les rues commerçantes ? Prendre des arrêtés d’interdiction dans les secteurs les plus sensibles ?

Autant de questions auxquelles la préfecture devra répondre dans les prochains jours. Le Premier ministre a demandé à certains préfets de déclencher des couvre-feux partiels et localisés dès lundi soir dans des grandes villes françaises. Mais Grenoble n’est pour l’instant pas concernée.

Pour les commerçants du centre-ville, dont certains viennent à peine de mesurer l’ampleur des dégâts, la perspective de nouvelles manifestations va susciter de fortes inquiétudes. La question d’éventuelles fermetures préventives de magasins pourrait se poser même si le samedi est un jour important pour le chiffre d’affaires.

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Le droit de manifester face à l’impératif de sécurité

La situation place également les pouvoirs publics devant un équilibre délicat : garantir la liberté de manifester, droit fondamental, tout en assurant la protection des personnes et des biens.

Car les violences du 17 octobre ne doivent pas conduire à assimiler l’ensemble des manifestants aux casseurs. La très grande majorité des 13 000 personnes mobilisées samedi dernier participaient à des cortèges revendicatifs sans prendre part aux pillages. La préfecture estime qu’environ 800 individus ont participé à ces exactions.

Les organisateurs du nouvel appel national souhaitent poursuivre la mobilisation autour des questions de pouvoir d’achat et de justice sociale, des revendications largement éclipsées par les violences de samedi dernier.