Après deux semaines de blocage mené par les lycéens, des enseignants du lycée Champollion se sont rassemblés ce lundi 12 octobre à 9h devant l’établissement. Ils ont lu une déclaration pour soutenir les revendications des élèves et alerter sur les violences policières.
Sur le parvis du lycée Champollion, la présence des enseignants ce lundi matin a marqué un tournant dans la mobilisation. Alors que le blocage entamait sa troisième semaine, l’intersyndicale enseignante a formalisé son appui lors d’une prise de parole publique.
Pour les professeurs, cette démarche vise à légitimer l’action des élèves tout en rappelant que plusieurs de leurs demandes rejoignent des inquiétudes éducatives plus anciennes. « On est d’accord avec leurs revendications, c’était les nôtres […] Ils sont en train de construire un mouvement qui est légitime et qui mérite d’être soutenu », précise une enseignante de SES.

Santé, sécurité et présence rassurante sur le parvis
Au-delà des revendications scolaires, les enseignants mettent en avant leur rôle de protection envers les jeunes mobilisés. Une professeure de SVT illustre le décalage entre le contenu de ses cours et la réalité du quotidien : « Je fais des cours qui parlent du bilan radiatif humain et qui expliquent qu’à une certaine température, ça devient dangereux pour la santé. Quand on atteint ces températures en classe, c’est compliqué. Pour moi, il y a quelque chose de dissonant à faire ces cours-là et à le vivre. Il y a aussi un rôle de protection à porter, parce qu’il y a des violences subies par les élèves. »
Pour les lycéens, cet appui de l’équipe éducative apporte une crédibilité accrue au mouvement tout en apaisant le climat face aux interventions extérieures : « On était un peu tout seuls au début. Voir des profs qui prennent la parole, qui sont grévistes et qui restent à nos côtés pour surveiller que tout se passe bien avec la police, ça nous fait vraiment plaisir. »


Droit de retrait au lycée André Argouges
Le climat social touche également d’autres établissements de l’agglomération grenobloise. Au lycée André Argouges, la situation a conduit une partie des personnels à exercer leur droit de retrait ou de grève les 9 et 12 octobre. L’établissement a été le théâtre d’incidents répétés, tirs de feux d’artifice, jets de pierres et cadenassage des entrées, contraignant la direction à suspendre les cours ce lundi à partir de 9h.
Dans leur communiqué, les personnels d’Argouges mettent en cause les directives de la préfecture qui imposent le maintien des ouvertures malgré les risques sanitaires et sécuritaires. Ils rappellent que ces tensions aiguës mettent en lumière des fragilités structurelles plus anciennes : dysfonctionnements des alarmes, précarité thermique dans les salles de classe, manque de mobilier et difficultés de remplacement des enseignants absents.
👉 Une manifestation lycéenne est prévue ce mardi 13 octobre à Grenoble à 11 heures du lycée des Eaux Claires à la place de Verdun
