Mehdi Ben Fredj, figure des réseaux sociaux grenoblois connue sous le pseudonyme de Guizmaths, sera jugé pour viol aggravé sur mineur. Créateur de la page Facebook Saccage Grenoble, il a été un fervent soutien d’Alain Carignon lors de la dernière campagne municipale.

C’est une figure bien connue des réseaux sociaux grenoblois qui devra prochainement répondre de faits criminels graves devant la justice. Mehdi Ben Fredj, plus connu sous le pseudonyme de « Guizmaths », a été renvoyé devant la cour criminelle de l’Isère pour viol aggravé sur mineur, comme le révèle Le Dauphiné Libéré ce samedi 10 octobre.

Les faits qui lui sont reprochés remonteraient à 2003 mais n’ont été portés à la connaissance de la justice qu’en 2019. Un homme âgé de 13 ans à l’époque accuse Mehdi Ben Fredj, qui en avait 21, de lui avoir prodigué des massages pendant des cours particuliers à domicile.

Il encourt 20 ans de prison

Celui qui se présente aujourd’hui comme un enseignant en mathématiques conteste les faits mais après plusieurs années de recours judiciaires et un non lieu, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Grenoble a finalement ordonné un procès. Mehdi Ben Fredj, qui reste présumé innocent, encourt jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle.

Cet homme âgé aujourd’hui de 44 ans n’est pas un inconnu dans la sphère politique grenobloise. En février 2022, il a créé la page Saccage Grenoble sur Facebook présentée comme « un groupe d’initiative citoyenne ayant pour seule motivation la beauté et l’image de Grenoble » mais qui a surtout concentré ses attaques contre la municipalité écologiste d’Eric Piolle.

Une affaire aux résonances politiques

Mehdi Ben Fredj qui revendique près de 400 000 abonnés cumulés sur ses différents réseaux sociaux avait clairement pris partie pendant la dernière campagne municipale pour le candidat Alain Carignon qui tentait un retour inédit à la mairie de Grenoble après avoir été condamné pour corruption, abus de biens sociaux et subornation de témoins lors de son précédent mandat.

En mai 2022, Alain Carignon avait notamment pris la défense de l’influenceur après la découverte de tags injurieux et homophobes visant Mehdi Ben Fredj. Le leader de la droite grenobloise avait alors interpellé publiquement le maire Éric Piolle pour lui demander de condamner ces agissements.

Allan Brunon s’engouffre dans la brèche

Le président du groupe LFI au conseil municipal a réagi en demandant la démission du président du groupe de droite, Clément Chappet, lui reprochant d’avoir mis en avant cet influenceur ces derniers mois en lui offrant une visibilité politique. « Il y a quelques jours, il apparaissait encore dans l’une de ses vidéos » argumente Allan Brunon. Depuis les révélations du Dauphiné Libéré, les réseaux sociaux de Guizmaths sont bizarrement inaccessibles…