Une semaine après l’incendie qui a frappé sa scierie de Goncelin, la société coopérative d’intérêt collectif SciuruS a adressé un long message sur ses réseaux pour faire le point sur la situation et afficher sa volonté de poursuivre son projet.
« C’est tout notre outil de production qui est parti en fumée », expliquent les membres de la coopérative, qui évoquent également la disparition de « millions d’heures de travail cumulées », d’investissements importants et d’une scierie historique devenue au fil des années « un lieu de vie, de rencontres et d’inventivité collective ».
Une enquête pour déterminer l’origine de l’incendie
Les circonstances exactes du sinistre restent à déterminer. L’incendie très violent s’est déclaré le samedi 19 septembre en début de soirée à l’extérieur des bâtiments, dans l’enceinte du site qui était fermé à ce moment-là. Les pompiers ont mis près de trois jours à éteindre complètement le feu.
La scierie était équipée d’un dispositif de vidéosurveillance et de caméras thermiques. La coopérative indique avoir transmis à la gendarmerie l’ensemble des éléments dont elle dispose. Une enquête est en cours et, à ce stade, aucune piste n’est écartée.
SciuruS précise par ailleurs que le bilan des conséquences matérielles, humaines et financières du sinistre est toujours en cours.
Une scierie tournée vers la valorisation du bois local
Au-delà de la perte de son outil industriel, l’incendie touche un projet qui s’était construit autour de la transformation et de la valorisation des ressources locales.
SciuruS tient ainsi à remercier les salariés, prestataires et partenaires ayant participé à la modernisation de cette scierie, avec l’ambition de transformer du bois local pour répondre à des besoins eux aussi locaux.
La coopérative salue également la mobilisation des acteurs du territoire au moment de l’incendie ainsi que les nombreux messages de soutien reçus depuis le sinistre.
Les chantiers se poursuivent
Malgré la destruction du site de production, SciuruS ne compte pas interrompre son activité. La coopérative assure que ses chantiers en cours se poursuivent, tout comme le travail engagé sur de nouveaux projets dans le Grésivaudan, la Combe de Savoie et le bassin chambérien.
Pour y parvenir, elle entend notamment s’appuyer sur les coopérations développées avec d’autres entreprises locales, parmi lesquelles AtticorA qui construit des logements familiaux en bois en Matheysine. L’objectif reste le même : maintenir un approvisionnement en matériaux locaux destinés notamment au secteur de la construction.

Quel avenir désormais pour le site de Goncelin ?
Reste une question majeure : celle de l’avenir de la scierie de Goncelin. Après l’incendie, SciuruS veut désormais réfléchir à la manière de redonner au site une fonction dans sa chaîne de production.
« Le choc est brutal », reconnaissent ses membres. Mais la coopérative assure que sa conviction de contribuer à « une société plus durable et éthique » reste intacte.
Après l’urgence et le temps du bilan viendra donc celui de la reconstruction du projet. Pour SciuruS, l’enjeu dépasse son seul outil industriel : il s’agit de préserver une filière de valorisation des ressources locales et les coopérations économiques nouées sur le territoire.
