Plus de deux ans après l’éboulement qui a coupé la route Grenoble-Valence au niveau de la commune de La Rivière, le Département de l’Isère lance la concertation sur sa reconstruction. Plusieurs tracés sont étudiés pour rétablir cet axe emprunté avant le sinistre par plus de 8 000 véhicules par jour.
Plus de deux ans après l’effondrement spectaculaire du coteau d’Artets, le dossier de la RD 1532 entre dans une nouvelle phase. Le Département de l’Isère organise jusqu’au 12 octobre une concertation publique destinée à présenter le projet de reconstruction de cet axe majeur entre le bassin grenoblois et la Drôme et à recueillir l’avis des habitants.
Le 25 juillet 2024, près d’un million de mètres cubes de roches s’étaient détachés de la montagne entre La Rivière et Saint-Gervais. La masse avait recouvert la route sur environ 470 mètres avant de poursuivre sa course vers les terrains situés en contrebas. Depuis, la route est coupée, bouleversant les déplacements dans tout le Sud-Grésivaudan.
Un nouvel éboulement, estimé à environ 12 000 m³, s’est produit le 31 mars 2025. S’il n’a pas atteint l’ancienne chaussée, il a confirmé l’instabilité persistante du secteur et contraint les autorités à revoir le périmètre d’exclusion autour du site.

Une carrière au cœur des débats
L’éboulement de juillet 2024 s’est produit au droit de la carrière exploitée sur le coteau d’Artets. L’enquête judiciaire qui a suivi a notamment mis en évidence des manquements aux prescriptions imposées à son exploitant.
Le 26 mai 2026, le tribunal correctionnel de Grenoble a condamné Jean-Pierre Carron, directeur général de la société Carrière de La Rivière, et Philippe Puthod, son président, à 50 000 euros d’amende chacun pour avoir poursuivi l’exploitation d’une installation classée sans respecter une mise en demeure préfectorale. La société Carrière de La Rivière a, elle, été condamnée à 150 000 euros d’amende.
Le tribunal n’a toutefois pas retenu la circonstance aggravante de « dégradation substantielle de l’environnement ». Les magistrats ont considéré qu’il n’était pas possible d’établir un lien de causalité entre le non-respect de la mise en demeure, qui concernait notamment la mesure des vibrations lors des tirs de mines, et l’effondrement du 25 juillet 2024. Les parties civiles ont donc été déboutées de leurs demandes d’indemnisation dans le cadre de cette procédure pénale.
Lors du jugement, la présidente du tribunal avait néanmoins estimé que les débats avaient fait apparaître une gestion de la carrière particulièrement négligente et approximative, tout en indiquant que d’autres procédures civiles ou administratives restaient envisageables.

Une nouvelle route à construire
Sur le terrain, le Département doit désormais composer avec une contrainte majeure : l’ancienne RD 1532 traverse toujours une zone considérée comme exposée au risque d’éboulement. Après plusieurs mois d’études géologiques et géotechniques, le périmètre d’exclusion a été modifié par la préfète de l’Isère le 1er juillet 2026. Les études doivent permettre de déterminer la solution la plus sûre pour rétablir durablement la circulation, tout en tenant compte de la proximité de l’Isère, du risque d’inondation, des terres agricoles et des enjeux environnementaux.
L’enjeu est considérable pour le territoire. Avant sa fermeture, plus de 8 000 véhicules empruntaient quotidiennement la RD 1532. Habitants, salariés, transporteurs, agriculteurs, cars scolaires et transports en commun doivent depuis juillet 2024 emprunter des itinéraires alternatifs dont l’autoroute qui est payante. La concertation ouverte jusqu’au 12 octobre doit désormais permettre aux habitants, collectivités et acteurs économiques de donner leur avis sur le projet.
👉 Dossier de concertation – une présentation publique du projet aura lieu ce mercredi 23 septembre à 18h30 à la salle des fêtes de Vinay