Avec des températures largement supérieures aux normales, l’été 2026 a durement éprouvé notre département À l’échelle nationale, les canicules ont provoqué plus de 8 000 décès supplémentaires. Quel pourrait être le bilan autour de Grenoble ?
On savait l’été exceptionnel. On mesure désormais davantage ses conséquences sanitaires. Selon les premières estimations de Santé publique France, 8 124 décès supplémentaires ont été enregistrés en France pendant les différents épisodes caniculaires de l’été 2026. Un bilan qui en fait l’été le plus meurtrier depuis la canicule historique de 2003.
Lors d’une intervention à l’Assemblée nationale fin juin, la députée écologiste iséroise Cyrielle Chatelain avait avancé un chiffre de 10 000 décès. Elle s’était alors attirée les foudres du Premier Ministre lui reprochant une estimation surévaluée. Finalement, elle n’était pas si loin des chiffres officiels publiés deux mois plus tard.
Un été hors normes à Grenoble
Les données du programme européen Copernicus confirment le caractère exceptionnel de l’été. À l’échelle de l’Europe occidentale, l’été 2026 a été le plus chaud jamais enregistré avec une température moyenne supérieure de 2,5 °C à la normale 1991-2020. Sur une grande partie de la France, les températures estivales moyennes ont atteint des niveaux records.
Dans la cuvette grenobloise, les fortes chaleurs ont été particulièrement persistantes avec 31 journées répondant localement aux critères de canicule et 44 journées dépassant 35 °C. Juillet et août y ont été les deux mois les plus chauds jamais relevés. Une situation aggravée en ville par le phénomène d’îlot de chaleur urbain.
Plus de 50 décès dans la métropole ?
Santé publique France n’a pas, à ce stade, publié de bilan permettant d’attribuer précisément un nombre de décès à la canicule dans l’agglomération grenobloise. Il est toutefois possible de donner un ordre de grandeur purement statistique. Au prorata du bilan national, plus de 50 personnes auraient succombé à cette vague de chaleur. Une par jour !
La mortalité liée à la chaleur dépend notamment de l’âge de la population, de son état de santé, de la durée d’exposition aux fortes températures, de la qualité des logements ou encore de l’intensité des températures nocturnes. Mais Grenoble étant l’une des villes françaises les plus touchées par la canicule, les décès engendrés sont surement supérieur à la moyenne nationale.

Les plus de 75 ans particulièrement touchés
Ces données nationales montrent très clairement qui paie le plus lourd tribut. Plus de 90 % des décès attribués à la chaleur concernent des personnes de 75 ans et plus. Mais l’épisode exceptionnel de juin a montré que le risque ne concernait pas uniquement les personnes âgées. Santé publique France a constaté un excès de mortalité dans toutes les classes d’âge à partir de 15 ans
En Auvergne-Rhône-Alpes, les services d’urgence avaient également enregistré des niveaux exceptionnels de pathologies liées à la chaleur : près de 1 100 passages aux urgences entre le 18 et le 28 juin, dont plus de la moitié avaient débouché sur une hospitalisation. Reste à espérer que ces chiffres records ne soient pas battus dès l’été prochain.


