20 minutes à chercher désespérément un médecin dans les couloirs d’un hôpital… La scène peut paraître improbable mais c’est pourtant ce qu’a vécu une famille iséroise, le 29 juillet dernier, au centre hospitalier de La-Tour-du-Pin, en assistant, impuissante, au décès de leur proche.

Ce jour-là, Nicole et Séverinne, sa femme et sa fille, étaient venues rendre visite à Yves Casas. Atteint d’une sclérose en plaques, cet ancien tourneur en bijouterie était hospitalisé depuis un mois et demi dans l’unité des soins longue durée. « A chaque fois que l’on venait il y avait toujours une infirmière ou une aide soignante à ses côtés » se souvient Matthieu, le fils.

Mais ce soir-là, la mère et sa fille l’ont découvert « sous oxygène, en grande détresse respiratoire, presque incapable de parler et fortement encombré de sécrétions. » Personne n’avait prévenu la famille de la dégradation de son état de santé.

Vers 19h30 son état s’est brutalement aggravé. « Il s’est mis à suffoquer » explique Matthieu Casas. « Ma mère et ma soeur ont alors sonné, crié, frappé à la porte du local des soignants et parcouru les couloirs du service à la recherche d’un professionnel de santé mais elles n’ont trouvé personne. »

« Ce qui s’est passé n’est pas normal »

Les deux femmes ont assisté, impuissantes, au décès d’Yves Casas. Il avait 75 ans. Une vingtaine de minutes plus tard, une infirmière est arrivée leur expliquant qu’elle était en train de former quelqu’un dans un autre service. Un médecin est ensuite arrivé et s’est excusé en expliquant que ce qui venait de se passer n’était pas normal.

Des explications qui n’ont pas suffi à la famille Casas : « Nous avons écrit cette semaine au Procureur, à l’Agence Régionale de Santé et à la direction de l’établissement ». Pour comprendre les raisons de ce dysfonctionnement et éviter que cela se reproduise.

Pour que ça ne se reproduise plus

On leur a dit qu’une enquête interne était ouverte. Contacté, l’hôpital nous a répondu par un communiqué : « En raison du secret médical et de l’obligation de confidentialité qui s’impose à tout établissement de santé, nous ne pouvons commenter aucune situation individuelle, ni fournir d’informations médicales relatives à un de nos patients ni à son parcours de soins. »

L’établissement poursuit en rappelant « qu’il respecte les procédures et que chaque événement indésirable grave fait l’objet d’une analyse interne conformément aux protocoles nationaux en vigueur, dans une démarche continue d’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins. »

Il est trop tôt pour savoir si des suites judiciaires ou administratives seront données à cette affaire mais, force est de constater, qu’aujourd’hui, on peut encore décéder dans un hôpital sans bénéficier d’un soutien médical approprié.