Une scène qu’on imagine pas à cet endroit s’est déroulée jeudi 12 août au refuge de la Molière dans le Vercors. Un client mécontent s’en est pris violemment à l’une des salariées. Le gardien dénonce des insultes, des menaces et un comportement agressif.
Selon le témoignage des responsables de l’établissement sur la page facebook du refuge, un groupe de randonneurs s’est présenté après 14h45, alors que la cuisine venait de fermer. Les personnes n’avaient pas réservé et le service, qui s’était prolongé, ne permettait plus de préparer de repas.
Afin de trouver malgré tout une solution, l’aide-gardienne chargée de la cuisine leur a proposé une assiette de fromage. Une proposition qui n’aurait toutefois pas suffi à apaiser la situation. Après avoir mangé, l’un des membres du groupe serait entré dans la partie privée du refuge avant de s’en prendre verbalement à la salariée.
Le randonneur s’empare d’un couteau
L’homme aurait alors hurlé, proféré de nombreuses insultes et adopté une attitude agressive, allant jusqu’à s’approcher à quelques centimètres de son visage. « Cette gestuelle et ce comportement ont suscité peur et effroi chez notre aide-gardienne », rapporte le responsable du refuge. Il aurait ensuite pris un couteau dans la salle à manger avant de saccager une tarte aux myrtilles destinée au service du soir avant de partir sans régler ce qu’il avait consommé.
Dans son témoignage, le gardien tient à rappeler les contraintes particulières liées au fonctionnement d’un refuge de montagne. « Nous pouvons comprendre la déception. Nous pouvons entendre la frustration. Nous pouvons même accepter qu’un client ne soit pas satisfait », écrit-il. Mais il insiste : « Nous n’acceptons pas la violence, les insultes, les intimidations, l’irrespect ou les comportements menaçants envers notre équipe. »
« Un refuge n’est pas un restaurant »
Le responsable rappelle également qu’un refuge ne fonctionne pas comme un restaurant classique. Au-delà de la cuisine, les équipes assurent l’entretien du bâtiment, la plomberie, l’électricité, les installations techniques, le nettoyage, le rangement ou encore la gestion et la redescente des déchets et du matériel.
Les approvisionnements sont eux aussi soumis à des contraintes particulières. « Nos denrées ne sont pas disponibles à volonté et nos stocks ne sont pas illimités », souligne le gardien. Chaque produit doit être anticipé, transporté et stocké avec précaution. Un fonctionnement qui explique que la cuisine puisse fermer à une heure précise ou que certains plats ne soient plus disponibles.
Enfin, le gardien rappelle qu’un panneau avait été installé sur la terrasse à la suite d’une réflexion collective pour rappeler que le refuge ne tolère ni sexisme, ni racisme, ni homophobie, ni validisme. « Je ne pensais pas devoir rappeler que cela vaut également pour toute forme de violence, d’intimidation et d’irrespect », conclut-il.


