Deux actions de sabotage menées en juin en Isère ont été revendiquées sur une plateforme de la mouvance libertaire. L’une a visé une armoire à fibre optique à Meylan, l’autre des pylônes alimentant les usines STMicroelectronics et Soitec dans le Grésivaudan. Une enquête est en cours.

Dans un communiqué publié sur une plateforme de médias alternatifs de la mouvance libertaire, des militants revendiquent l’incendie volontaire d’une armoire à fibre optique survenu dans la nuit du 18 au 19 juin à Meylan. L’équipement, situé chemin de Malacher, se trouvait dans le bâtiment « Le Signal », qui accueille plusieurs entreprises informatiques, dont Dassault Systèmes. Selon les auteurs, un demi-litre d’essence a été utilisé pour provoquer l’incendie, qui a entièrement détruit le contenu de l’armoire. Dans leur texte, ils expliquent avoir ciblé l’entreprise parce qu’elle « fait partie du groupe Dassault qui fabrique des avions militaires et les vend à de nombreux pays impérialistes tels les États-Unis et Israël ». Ils précisent également avoir voulu mener cette action pendant le salon international de l’armement Eurosatory.

Indymedia Dassault

Une tentative de sabotage contre l’alimentation électrique de STMicroelectronics et Soitec

Quelques jours plus tôt, le 5 juin, un autre communiqué publié sur la même plateforme revendiquait une tentative de sabotage de deux pylônes de lignes à haute tension alimentant le poste électrique de Froges. Ce poste dessert notamment les sites industriels de STMicroelectronics à Crolles et de Soitec à Bernin. Les auteurs affirment avoir « scié les bases de ces pylônes », tout en reconnaissant que « ils sont restés debout malgré nos efforts pour les faire tomber et provoquer une coupure ». Ils présentent cette action comme s’inscrivant « dans une lutte plus large contre le système techno-industriel » et concluent leur revendication par le slogan : « De l’eau et des étoiles, pas des puces et du nucléaire ! »

Des sites industriels déjà ciblés

Les deux affaires font l’objet d’une enquête judiciaire. Le parquet de Grenoble a confié les investigations aux gendarmes de la section de recherches de Grenoble, chargés d’identifier les auteurs de ces actes. À ce stade, aucune interpellation n’a été annoncée.

Ce n’est pas la première fois que les installations alimentant STMicroelectronics et Soitec sont visées. Le 5 avril 2022, plusieurs lignes à haute tension avaient été incendiées sous le pont de Brignoud. L’attaque avait provoqué d’importants dégâts sur l’ouvrage, resté fermé durant plusieurs mois. Un autre pont capable de supporter le poids des voitures et camions est d’ailleurs en cours de construction avec une ouverture prévue pour décembre 2026.

incendie du pont de Brignoud