Né en février dernier sur le bassin grenoblois, le collectif Meta propose une vision de la techno ancrée dans le partage et l’authenticité. Prochaine étape : le bar le Jules Verne, le 10 juin.
La techno a une histoire. Elle est née à Detroit dans les années 80, quand des artistes afro-américains se sont emparés des machines pour transformer la house en quelque chose de plus sombre, de plus politique, de plus libre. C’est cette filiation que Meta revendique. « C’est vraiment un espace de liberté », rappelle Snero, fondateur du collectif.
Un héritage que la scène actuelle tend parfois à oublier. « Certaines soirées accordent aujourd’hui davantage d’importance à l’image et à la programmation qu’à ce qui fait l’essence de cette culture : le partage, la liberté d’expression, la rencontre et l’expérience collective », déplore-t-il. La réponse s’appelle Meta, fondé en février 2025. « Non pas pour défendre une vision figée de la techno, mais pour proposer notre propre approche et remettre l’humain au centre des événements. »


Quatre univers, une même énergie
Ce qui frappe dans Meta, c’est la diversité de ses membres, et c’est précisément le projet. RMD, saxophoniste aux côtés de Calogero et Cœur de Pirate dans sa vie de musicien, mixe de la hard groove. Hoffman, producteur, évolue dans le même registre. Snero, orienté hard techno, se définit comme « le plot twist de la soirée » : « J’ai des sets narratifs, l’idée de raconter une histoire, en t’emmenant d’un point A à un point B. » Ysdrag défend une techno raw héritée des Pays-Bas, « un style niche, mais il arrive à faire aimer sa musique aux gens qui n’aimeraient pas. » Le collectif compte également Lagriff, orienté tekno, encore un autre style, dans la veine des free parties.

Une communauté, pas un line-up
Chez Meta, une soirée réussie ne se mesure pas qu’à sa programmation. « Elle ne dépend pas seulement de la musique, mais aussi de l’énergie collective qui se crée entre les personnes présentes », explique Snero. Artistes, bénévoles, public : tout le monde est considéré comme partie prenante de l’aventure. « On veut construire une véritable communauté où chacun trouve sa place. » Le collectif est d’ailleurs ouvert : il recherche activement des artistes, producteurs et bénévoles qui partagent leurs valeurs.

Le Jules Verne, prochaine étape
La montée en puissance est rapide. Après le Harper’s House et le Rock Tavern, Meta s’installe le 10 juin au bar le Jules Verne, soit quatre dates en deux mois à peine. « On a ramené un pote commercial, et ça a tout changé. Converser directement avec les patrons. » Ce qui a séduit les gérants ? « Qu’on ait un projet solide et avec du sens. »
La suite se dessine : des productions à venir sur SoundCloud, des scènes plus grandes à terme. Mais l’ambition de Meta n’est pas de se professionnaliser à tout prix. « Le côté professionnalisant, c’est pas ce qui nous anime. On a tous un taff à côté », assume Snero. Ce qui compte, c’est que chaque soirée ait du sens. « Quelle que soit l’évolution du projet, on gardera toujours le même cap : créer des moments sincères, fédérateurs et mémorables. »
