Championnes de France de Ligue 2, les basketteuses du BCTM découvrent l’immense défi de l’élite. Budget, recrutement, salle, ambitions sportives… le club isérois change de dimension à toute vitesse.

Le champagne pétille encore… mais les conversations s’agitent tout autour du Charlaix ! on parle parquet, recrutement, budgets et affiches de gala. Championnes de France de Ligue 2, les joueuses du Basket Club La Tronche-Meylan viennent de décrocher l’accession historique à la Boulangère Wonderligue. Une montée qui change tout. « En fait, il n’y aura que des finales, des matchs de gala ! » résume en souriant le coach Clément Sanchez. Car désormais, ce sont Bourges, Basket Landes, Villeneuve-d’Ascq ou Montpellier qui attendent les Iséroises chaque week-end.

Une montée qui oblige le club à changer d’échelle

Le grand saut vers l’élite ne se résume pas à quelques renforts sur le terrain. En coulisses aussi, le club doit accélérer. Le budget moyen passe de 900 000 euros en Ligue 2 à près de 2,4 millions au plus haut niveau. « Nous n’y serons pas, mais nous travaillons pour construire un projet compétitif », explique la présidente Alexandra Longo. Les discussions s’enchaînent avec les partenaires, les collectivités et les acteurs locaux. Et cette fois, le BCTM sent que les portes s’ouvrent plus facilement.

Le chantier principal sera celui des infrastructures. Le gymnase du Charlaix devra notamment être équipé d’un vrai parquet homologué ainsi que de paniers répondant aux normes de l’élite. Des ajustements indispensables pour valider définitivement le billet vers la Wonderligue. Mais le club veut garder son ADN : une salle proche du public, bouillante, vivante, populaire.

Un effectif champion qui va tourner

La montée en élite ouvre aussi un nouveau chapitre sportif. Et celui-ci s’accompagne forcément de mouvements importants dans l’effectif. Comme annoncé dans notre émission Le +, Aurore Pautou quittera le club après cinq saisons marquantes sous les couleurs du BCTM. Mais elle ne sera pas la seule à tourner la page.

Alex-Anne Deschamps, Ainoah Rio, Mariss Miekountima, Marlène Blé et Célia Cardenal quittent également le club. Une vague de départs importante pour un groupe qui avait construit une vraie identité collective tout au long de la saison. Le départ de Célia Cardenal, élue MVP des finales après son retour en janvier, symbolise particulièrement cette fin de cycle pour une partie de l’effectif champion.

Le BCTM veut pourtant conserver ce qui a fait sa force : la fidélité, la formation et cet esprit de groupe qui a porté l’équipe jusqu’au titre. La capitaine Tilise Boiseron, elle, sera bien de l’aventure. « Jouer au plus haut niveau français, c’était un rêve », confiait-elle encore sur le plateau de TG+. Autour d’elle, un nouveau groupe va désormais se construire avec une ambition claire : exister sans renier son identité.

Le BCTM veut embarquer tout un territoire

Deux finales à guichets fermés, 1 500 personnes debout derrière leur équipe, une ferveur grandissante autour du basket féminin : le club a changé de statut en quelques semaines. Alexandra Longo en est convaincue : cette montée dépasse largement le sport. « Ce qu’elles viennent d’accomplir ouvre énormément de portes. On n’a pas à chercher loin les arguments pour convaincre les partenaires : l’argument, c’est leur montée ! »

Le BCTM veut désormais devenir un symbole fort du sport féminin grenoblois. Un club capable de former, d’attirer et de faire rêver. Et si certaines affiches pourraient un jour être délocalisées à Polesud pour accueillir davantage de public, l’essentiel est ailleurs : conserver cette proximité qui fait vibrer le Charlaix. Parce qu’en élite, il faudra gagner des matches. Mais surtout continuer à faire battre les cœurs.