Le Grand Prix scientifique 2026 de la Fondation NRJ – Institut de France distingue le Grenoblois Guillaume Charvet et ses partenaires suisses Jocelyne Bloch et Grégoire Courtine. Leurs interfaces cerveau-machine permettent aujourd’hui à des patients paralysés de retrouver le mouvement.
C’est une distinction majeure pour la recherche grenobloise : Guillaume Charvet, chercheur au CEA-Leti Clinatec à Grenoble, vient de recevoir le Grand Prix scientifique 2026 de la Fondation NRJ – Institut de France, aux côtés de la neurochirurgienne suisse Jocelyne Bloch et du neuroscientifique Grégoire Courtine.
Le trio est récompensé pour des travaux qui ont profondément transformé le domaine des neurotechnologies médicales, avec une ambition spectaculaire : permettre à des personnes paralysées de remarcher grâce à des interfaces cerveau-machine. Doté de 150 000 euros, ce prix vient saluer plus de quinze années de recherches mêlant neurosciences, médecine et haute technologie.
Une innovation née à Grenoble
Au cœur de cette avancée, une technologie développée à Grenoble : l’implant cérébral WIMAGINE. Conçu au sein de Clinatec, plateforme biomédicale du CEA en partenariat avec le CHU Grenoble Alpes et l’Université Grenoble Alpes, cet implant capte l’activité du cerveau afin de décoder en temps réel les intentions de mouvement du patient.
Concrètement, le système permet à une personne paralysée de transmettre ses intentions motrices à un dispositif externe simplement par la pensée. Les recherches menées par Guillaume Charvet et ses équipes ont déjà permis des démonstrations spectaculaires : contrôle d’exosquelettes, stimulation de la moelle épinière et restauration partielle de la marche chez certains patients atteints de lésions sévères.

Un "pont numérique" entre le cerveau et les jambes
Ces travaux ont été associés aux recherches menées en Suisse par Jocelyne Bloch et Grégoire Courtine au centre .NeuroRestore de Lausanne. Ensemble, les chercheurs ont développé une interface cerveau-moelle épinière capable de rétablir la communication entre le cerveau et les circuits nerveux contrôlant les mouvements.
Le principe : les signaux cérébraux enregistrés grâce à WIMAGINE® sont transmis à une stimulation électrique ciblée de la moelle épinière. Une sorte de "pont numérique" qui permet de réactiver les muscles nécessaires à la marche. Grâce à cette technologie, des patients paralysés ont pu se lever, marcher, monter des escaliers ou encore franchir des obstacles complexes.
Grenoble, toujours la place forte des neurotechnologies
Pour Guillaume Charvet, cette récompense confirme aussi le rôle central joué par Grenoble dans le développement des neurotechnologies de demain. Responsable du Service de Recherche Biomédicale en Neurotechnologie au CEA-Leti Clinatec, il travaille depuis près de vingt ans sur les interfaces cerveau-machine implantables et les dispositifs médicaux innovants.
Les prochaines étapes sont déjà engagées : miniaturiser les systèmes, améliorer leur autonomie et permettre une utilisation dans la vie quotidienne des patients. Au-delà des paralysies liées à des lésions de la moelle épinière, ces technologies pourraient aussi ouvrir de nouvelles perspectives pour la rééducation après un AVC ou certaines maladies neurodégénératives. Une révolution médicale discrète, mais bien réelle, qui se construit en partie à Grenoble.