Le rendez-vous est historique. Ce vendredi à 20h, le Basket Club La Tronche Meylan accueille Montbrison au gymnase du Charlaix pour la deuxième manche de la finale de Ligue 2 féminine. Après leur succès autoritaire samedi dernier dans la Loire (77-64), les Iséroises ne sont plus qu’à une victoire d’une montée en Ligue féminine, l’élite du basket français.
Porté par un groupe soudé et un engouement populaire immense, le BCTM aborde ce rendez-vous avec ambition… mais sans excès de confiance. À quelques heures du coup d’envoi, Clément Sanchez affiche enthousiasme et de sérénité. Pensez donc : toute une saison perché au sommet de la poule, ça se vit avec une certaine excitation ! L’entraîneur du BCTM balaie la pression car il sait que son équipe a gagné le droit de jouer un moment unique. "Positif ! On a travaillé dur pour obtenir ce qu’on va avoir le droit de jouer vendredi et peut-être dimanche. Beaucoup d’excitation, d’impatience et envie de bien faire les choses !"
"Beaucoup d’excitation" avant le match d’une vie
Car malgré l’avantage pris au match aller (77-64 samedi dernier à Montbrison), le technicien refuse tout relâchement. Une éventuelle belle dimanche reste dans toutes les têtes. "Il faut garder à l’esprit que ça peut arriver, ça reste une option quand même. " Surtout que, face à une solide équipe de Montbrison, les Iséroises savent que rien n’est acquis. "On s’est retrouvé en difficulté, parfois, lors de la première manche. Il faut rester lucide. Mais nous avons travaillé sur ces points et renforcé nos points positifs."

Un groupe "sain, rigoureux et engagé"
Si le BCTM est aujourd’hui aux portes de la Ligue féminine, ce n’est pas le fruit du hasard. Clément Sanchez insiste sur le travail colossal accompli depuis des mois. "C’est notre 40e semaine de travail ! Il n’y a rien sans rien." Au fil de la saison, dominée de bout en bout, le collectif s’est construit, renforcé, affiné et affirmé. Le coach évoque avec fierté un groupe "très sain", composé de joueuses "rigoureuses et travailleuses ", capable de créer une véritable "cohésion opératoire".
Enfin, diraient les inconditionnels ! Car depuis la montée en Ligue 2 en 2019, le BCTM est installé parmi les meilleures équipes du championnat, mais n’a jamais pu concrétiser en bout de ligne. Qualifiées mais éliminées chaque année en quarts de finale, elles n’ont connu qu’une exception : en 2022, les Iséroises avaient disputé la finale de Ligue 2 à Polesud, mais s’étaient inclinées face aux redoutables toulousaines… "C’est une deuxième finale. On est passé par-là, mais on a l’expérience en plus ! "

Un Charlaix plein… en 15 minutes !
Forcément, l’engouement autour de cette finale dépasse largement le cadre sportif. Le gymnase du Charlaix affichera complet vendredi soir. Le club a déjà poussé les murs pour augmenter la capacité du gymnase à 1200 places assises… qui se sont arrachées en un quart d’heure seulement ! "C’est un peu fou et ça fait chaud au cœur… mais c’est aussi très frustrant car ce n’est pas assez. De nombreux supporters du club, les plus anciens et les plus fidèles, n’ont pas tous pu obtenir de billet. On a fait le maximum mais on est arrivé au bout !"
Et pourquoi ne pas délocaliser dans une salle plus grande, comme à Polesud en 2022 ? "On y a pensé ! Mais d’une part, la patinoire n’était pas disponible en cas de match dimanche en raison d’un tournoi de hockey. Et d’autre part, nous n’avons pas les moyens. Il aurait fallu payer la structure or, nous devons préserver ces finances pour consolider le projet pour l’Elite."
C’est précisément le sujet des infrastructures qui devient central. Une montée en Ligue féminine nécessiterait plusieurs aménagements : mise aux normes du parquet en priorité, paniers au sol, luminosité… Des critères indispensables pour évoluer au plus haut niveau. "Si on a un bon accompagnement politique, on va y arriver ", assure Clément Sanchez, pendant que les dirigeants poursuivent activement les discussions.

L’héritage de Jean-Claude Pic : "un supplément d’âme"
Quant à savoir où le club a puisé sa force cette saison, la mémoire de Jean-Claude Pic n’est jamais bien loin… Le président emblématique du club, disparu en novembre 2025 après 30 ans à la tête du BCTM, reste omniprésent dans l’esprit du groupe. "C’est tout son travail et son héritage qui fleurit aujourd’hui. C’est vraiment notre supplément d’âme, même si on aurait préféré que ce soit autre chose… "
Car cette épopée sportive porte forcément une dimension émotionnelle particulière. Pour le coach, cette réussite est aussi celle d’un homme qui a consacré une grande partie de sa vie au développement du basket féminin en Isère. Et vendredi soir, au Charlaix, le BCTM jouera bien plus qu’une finale : une montée historique, un accomplissement collectif… et un hommage.
👉 Pour suivre la rencontre en direct vendredi à partir de 20h
