Les Brûleurs de Loups ont vu leur espoir de conserver leur titre s’envoler pour de bon ce soir à domicile. Battus 2-5 lors du match 5, les Grenoblois s’inclinent 4 victoires à 1 en finale face à Bordeaux, Champion de France pour la première fois de son histoire.
Grenoble n’aura jamais trouvé la solution. Comme trop souvent dans cette série, les Isérois parvenaient à trouver la faille (par Beauchemin, qui Treille) mais le souffle retombait aussitôt. « On n’a pas su s’adapter… on faisait sans cesse les mêmes erreurs qui offraient des buts à Bordeaux », regrette Sacha Treille. Chaque tentative de retour a été étouffée, jusqu’à cette ultime défaite (2-5) à Polesud, théâtre du sacre girondin.

Bordeaux, la patience et la force collective récompensées
En face, Bordeaux a livré des play-offs solides, maîtrisant parfaitement cette finale. Dominateurs d’un bout à l’autre de la série, à l’exception du match 2 remporté par Grenoble aux tirs-au-but, les Girondins ont su capitaliser sur leur dynamique, après avoir déjà sèchement éliminé Rouen en demi-finale. « C’est fruit du travail, beaucoup beaucoup de travail« reconnaît le manager Stéphan Tartari, très ému après ce premier titre.
« On se construit d’année en année, depuis la descente en D3 peu après mon arrivée il y a 30 ans. Ça a fini par payer. On inscrit notre nom sur cette Coupe Magnus, ça restera gravé à jamais ! C’est chouette, aussi, parce que ça change, de nouveaux clubs arrivent et il faudra compter avec nous dans le futur. » Le passé grenoblois du manager bordelais est déjà loin : formé aux Brûleurs de Loups, puis joueur, entraîneur et manager des Boxers dès 1996, Stéphan Tartari n’aura jamais joué à Polesud. « J’étais un gars de Clemenceau ! C’est peut-être une boucle qui se boucle ce soir » dit-il alors que le maillot de son petit frère Christophe, légende des Brûleurs, flotte au-dessus de cette célébration…

Entre regrets, fierté et manque de sérénité
Côté grenoblois, malgré la déception, le tableau n’est pas tout noir. Les Brûleurs de Loups ont brillé sur la scène européenne avec un parcours remarquable en CHL et ont atteint toutes les finales nationales. « Il n’y a pas tout à jeter… mais il nous a manqué ce petit truc en plus », reconnaît Treille.
Edo Terglav lui, déplore un manque de sérénité toute cette saison. « On peut garder la tête haute. Car toute l’année, l’équipe n’était pas calme, il y avait toujours eu plein de choses qui nous perturbaient. Et chaque fois qu’on revenait, il y avait autre chose... » Parmi elles, les blessures. Très nombreuses : « Ça s’est vu à la cérémonie de remise des médailles, il y avait plus de joueurs blessés que de joueurs sur la glace ! » L’équipe a dû rebondir et le staff se reconstruire, après la mise à l’écart de l’entraîneur Per Hanberg à la suite de la lourde défaite en finale de Coupe de France. Enfin, Terglav évoque les suspensions. « Quand tu perds encore deux gros joueurs comme Pierre (Crinon) et Val (Grossetête), ce soir, ils nous manquent beaucoup… »

La saison prochaine ? « À Grenoble, on veut gagner. C’est une saison d’échecs », tranche Terglav. « C’est difficile à dire car je n’étais pas préparé pour parler de ça dès ce soir… mais on va rapidement faire les meetings et on saura très rapidement sur quoi on part. »
Moins engagés sur la scène européenne l’an prochain, ils auront l’occasion de se recentrer sur la Ligue Magnus. « On pourra mettre la gomme sur le championnat et sur la Coupe de France », annonce Treille.
Les Brûleurs de Loups donnent rendez-vous au public ce jeudi 23 avril à la patinoire Polesud, pour la soirée de fin de saison.