À partir du 1er mai, embarquer son vélo dans les TER Auvergne-Rhône-Alpes nécessitera une réservation payante de 1 euro. Une mesure généralisée qui provoque l’opposition de 31 associations et collectifs d’usagers.
Du 1er mai au 27 septembre, les voyageurs souhaitant transporter un vélo à bord des TER Auvergne-Rhône-Alpes devront réserver leur emplacement pour un euro par trajet. Cette obligation concerne tous les usagers, à l’exception des abonnés sur leur parcours habituel, dans la limite des places disponibles. Le dispositif s’appliquera les week-ends, jours fériés et le 15 mai, ainsi que tous les jours entre le 1er juillet et le 31 août. En dehors de ces périodes, le transport des vélos restera gratuit et sans réservation, selon les capacités des trains.
Une mesure étendue à toute la région
Après une expérimentation menée en 2025 sur cinq lignes, la Région a choisi de généraliser ce système à l’ensemble du réseau. Une décision justifiée par l’augmentation du nombre de vélos à bord des trains, notamment en période estivale. La collectivité souligne que « la réservation vélo est un service qui était très demandé par de nombreux usagers » et précise que le tarif de 1 euro vise à garantir la disponibilité effective des places réservées.
Des associations dénoncent une mesure « excessive »
Trente-et-une associations et collectifs de la région s’opposent à cette généralisation. Ils dénoncent une mesure « bien excessive et inadaptée », pointant notamment son application uniforme, quel que soit le trajet. « Les usagers non abonnés sont obligés de réserver quelle que soit la longueur du trajet », regrettent-ils, citant des exemples de courtes distances où « la réservation pour un vélo est presque aussi élevée que le billet TER ».
Des contraintes jugées inutiles pour les usagers
Les opposants critiquent également les modalités pratiques du dispositif. « La réservation impose d’aller sur un site internet dédié », distinct de celui utilisé pour les billets, sans possibilité de passer par les guichets ou distributeurs en gare. Ils évoquent « des complications inutiles » et une « inégalité de traitement des usagers », estimant que cette organisation pénalise particulièrement les voyageurs occasionnels.
Les associations jugent que la mesure « pénalise tous les usagers », en particulier les non-abonnés et les actifs. « Elle n’apporte pas d’amélioration pour les usagers domicile-travail confrontés à des trains saturés », soulignent-elles. Elles estiment que la réservation obligatoire ne répond pas aux problèmes de capacité aux heures de pointe et risque de compliquer davantage les déplacements combinant vélo et train.
Des alternatives proposées
Les collectifs appellent à une stratégie globale« vélo + train » construite avec les usagers. Ils proposent notamment le développement de consignes sécurisées en gare, sans surcoût, et le déploiement de services de location de vélos dans les gares. Ils demandent également une augmentation des capacités et de la fréquence des trains pour répondre à la hausse de fréquentation, estimée à +25 % entre 2019 et 2024. Les associations demandent l’abandon du dispositif, dénonçant une décision prise « sans concertation » et annoncée tardivement. « Ce n’est pas le moment de décourager les déplacements vélo + train », insistent-elles.
La Région défend un dispositif encadré
De son côté, la Région met en avant des « mesures complémentaires », comme la présence de personnel dédié et l’augmentation des places vélos sur certaines lignes très fréquentées. Elle cite notamment les axes Lyon–Avignon–Marseille, Grenoble–Gap et Valence–Annecy, où une vingtaine de trains par jour bénéficieront de ces aménagements. Enfin, la collectivité rappelle son objectif de développer le stationnement vélo en gare, avec 10 000 places sécurisées d’ici 2035, dont près de 5 000 déjà disponibles.