Après Teisseire, c’est une autre entreprise emblématique du Grésivaudan qui s’apprête à traverser une zone de turbulences. Confrontée à un net ralentissement de son activité, Soitec, spécialisée dans les matériaux pour semi-conducteurs et implantée à Bernin, envisage une réduction de ses effectifs.

Selon les prévisions des analystes, le chiffre d’affaires de Soitec pour l’exercice fiscal 2026 devrait atteindre environ 700 millions de dollars, un niveau très inférieur aux ambitions affichées par l’entreprise en 2023, où les projections étaient trois fois plus élevées.

Un changement de direction dans un climat tendu

C’est dans ce contexte que Laurent Rémont a officiellement pris ses fonctions de directeur général le mercredi 1er avril. Son arrivée intervient au lendemain d’une annonce majeure faite aux représentants du personnel lors d’un comité social et économique : l’ouverture de discussions sur un dispositif de départs volontaires.

Cette décision a suscité une vive réaction du côté des syndicats. La CGT dénonce une mesure jugée injuste pour les salariés, estimant qu’ils ne doivent pas « payer le prix fort » d’erreurs de gestion imputées à la direction. L’entreprise Soitec emploie 2200 salariés dans le monde dont 1700 sur son site historique de Bernin.

La CGT dénonce des erreurs stratégiques de la direction

Dans un communiqué, le syndicat pointe la responsabilité de l’équipe dirigeante actuelle ainsi que celle du conseil d’administration. Selon la CGT, la situation résulte de choix stratégiques contestés : recrutements jugés excessifs, prévisions financières irréalistes ou encore des politiques commerciales critiquées.

Le syndicat cible également l’ancien directeur général, Pierre Barnabé, dont le départ coïncide avec l’annonce du projet de réduction des effectifs. Un symbole, selon les représentants du personnel, d’un bilan qu’ils jugent « désastreux ». Les représentants du personnel dénoncent également un manque de transparence de la direction, accusée de ne pas transmettre certaines informations jugées essentielles à leurs experts. Dans ce climat, les négociations à venir s’annoncent particulièrement sensibles.

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