Le CHU Grenoble Alpes organise le 3 avril une journée dédiée à la sensibilisation aux cancers de la face et du cou. Objectif : alerter sur une réalité encore méconnue, la progression des cancers des voies aérodigestives supérieures chez les jeunes, et encourager un dépistage précoce.

Chaque année en France, plus de 15 000 personnes sont diagnostiquées avec un cancer de la gorge, soit environ 41 nouveaux cas par jour. Une réalité qui souligne l’importance du dépistage précoce. Les papillomavirus humains (HPV) jouent un rôle majeur, étant impliqués dans 40 à 60 % des cancers de l’oropharynx. Ces cancers apparaissent en moyenne plus tôt que ceux liés au tabac et à l’alcool. Les données montrent également un avantage pronostique significatif pour les cancers liés au HPV : le taux de survie globale à trois ans atteint 82,4 % pour les patients HPV-positifs, contre 57,1 % pour les HPV-négatifs. Le risque de décès est réduit de 58 % dans les formes associées au virus.

Des symptômes à ne pas négliger

Souvent discrets ou banalisés, les cancers des voies aérodigestives supérieures peuvent pourtant se manifester par des signes persistants. Douleur localisée, difficultés à avaler, mal de gorge ou d’oreille qui dure, autant de symptômes qui doivent alerter. D’autres signes peuvent apparaître : plaies buccales qui ne cicatrisent pas, plaques rouges ou blanches, ganglion dans le cou, enrouement prolongé, toux persistante, obstruction nasale unilatérale, difficultés respiratoires, fatigue ou perte de poids. Face à ces signaux, la règle est simple : consulter rapidement. Un médecin généraliste peut orienter vers un spécialiste ORL ou maxillo-facial afin d’engager les examens nécessaires sans délai.

Un diagnostic en plusieurs étapes

Le diagnostic repose d’abord sur un examen clinique approfondi. Il peut être complété par une nasofibroscopie pour visualiser les voies respiratoires supérieures. En cas de doute, une endoscopie sous anesthésie générale avec biopsie permet de confirmer la présence d’une lésion et d’en déterminer la nature. Détectés tôt, ces cancers offrent de meilleures perspectives de prise en charge. L’information et la vigilance restent donc des leviers essentiels.

Une mobilisation pour briser les idées reçues

Le vendredi 3 avril, de 9h à 15h30, la salle Gilbert Faure de l’hôpital Michallon accueillera une journée d’information ouverte au public. Inscrite dans le cadre de la Campagne Rouge Gorge, cette initiative met l’accent sur un message clé : les cancers ORL ne concernent pas uniquement les personnes âgées. Le CHU Grenoble Alpes mobilise pour l’occasion ses équipes médicales, soignantes et plusieurs associations régionales. Conférences, témoignages de patients, stands d’information et échanges avec des professionnels rythmeront cette journée conçue pour informer et sensibiliser, notamment les plus jeunes, de plus en plus exposés. Le mot d’ordre est clair : « 1 symptôme, 3 semaines : je consulte à tous les cous, même avant 30 ans ».

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