Il était 11e après le court : le Grenoblois signe une remontée solide et remarquée. Grâce à un programme libre inspiré et techniquement maîtrisé, il fait sensation et bat son record de la saison. Un Top 10 précieux, dans une compétition ultra relevée…
Une standing ovation, qui frappe aussi fort qu’une médaille dans la poitrine du grenoblois… Ce sourire jusqu’aux oreilles, on l’a vu souvent, cette saison. Mas pas toujours. Alors Kevin Aymoz le savoure, cet hommage du public, avant de tomber dans les bras de son entraîneur Françoise Bonnard.
Un programme libre à son image
Seulement 11e après un programme court imparfait, le patineur grenoblois n’avait plus grand-chose à perdre. Sur le libre, il se fait plaisir et ça se voit. Il s’engage, du fond du regard à la pointe des lames. Il monte en puissance calé sur son Boléro de Ravel. Il commence fort, puis il chute, mais il repart sans faute. Le contenu est ambitieux mais sans surenchère technique.
Ce qui le démarque, de tous les concurrents au niveau technique stratosphérique, c’est l‘interprétation. Cette glisse unique, précise, fluide, qui embarque le public avec lui et le conduit vers un final flamboyant devant la table des juges. Pas besoin de les convaincre davantage : Kevin remonte à la 7e place mondiale, avec 184,39 points sur le libre – son meilleur score de la saison.

Un patineur à part dans le paysage mondial
Cette remontée de la 11e à la 7e place marque un autre rebond. Quelques semaines plus tôt, aux Jeux olympiques de Milan-Cortina, Aymoz avait terminé 11e, performant sur le court mais le libre n’avait pas suivi. Un résultat en demi-teinte, dans la continuité d’une carrière faite de hauts spectaculaires et de passages plus délicats. Capable de jouer les trouble-fêtes – 5e des Mondiaux 2025, 4e en 2023 – le Français alterne souvent entre éclairs de génie et irrégularité…
Dans un patinage masculin dominé par les machines à quadruples, Kevin Aymoz continue de tracer sa propre voie. Moins axé sur l’accumulation de sauts extrêmes que certains concurrents, il mise sur l’émotion, la musicalité et la connexion avec le public. À Prague, cela n’a pas suffi pour jouer le podium, dominé par l’intouchable Ilia Malinin. Mais cela lui permet de rester solidement installé dans le top mondial, et surtout de conclure sa saison sur une note positive.
Et maintenant ?
Les vacances ! Avec un brin de tristesse car Kevin le passionné ne raccroche jamais ses patins avec joie… À 28 ans, le Grenoblois n’a sans doute pas dit son dernier mot. La perspective des Jeux olympiques d’hiver 2030 dans les Alpes françaises se profile déjà en toile de fond. Mais le chemin est long. Pourvu qu’il garde en tête cette petite remontada de Prague : dans un sport de précision aussi exigeant, l’instinct et l’émotion peuvent encore faire la différence. Et ça, à Grenoble comme partout dans le monde, c’est ce qui marque les esprits…