En 2025, la France a connu un niveau inédit d’expulsions locatives. La fin de la trêve hivernale ce week-end inquiète les associations mobilisées sur le droit au logement. Elles manifesteront ce samedi à Grenoble.
Selon les huissiers, en 2025, 30 500 expulsions forcées ont été exécutées avec le concours de la police sur décision préfectorale, soit une augmentation de 27 % par rapport à l’année précédente. Derrière ces chiffres, ce sont des milliers de ménages touchés. En tenant compte de la taille moyenne des foyers, environ 60 000 personnes auraient été expulsées de leur logement l’an dernier.
Une progression continue depuis plusieurs décennies
Les données du ministère de l’Intérieur montrent une augmentation constante des expulsions au fil des années. En 2015, 14 360 expulsions avaient été recensées. Elles étaient 10 163 en 2005, 4 675 en 1995 et 3 305 en 1983. En quarante ans, le nombre d’expulsions forcées a ainsi été multiplié par neuf.
Des causes structurelles pointées du doigt
Plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer cette hausse. L’augmentation des loyers, la baisse des aides personnalisées au logement (APL) et la précarisation d’une partie des locataires contribueraient à fragiliser les ménages. Ces évolutions mettraient en difficulté les dispositifs de prévention des expulsions déployés depuis plusieurs décennies.
Une mobilisation prévue en Isère
Dans ce contexte, une mobilisation est prévue ce samedi 28 mars en France et dans plusieurs pays européens. En Isère, le rassemblement doit débuter à 16 heures devant le siège d’Actis, situé avenue de Constantine à Grenoble. Le bailleur social est à l’origine des expulsions en novembre 2025 qui ont conduit à l’occupation du siège de Grenoble Alpes Métropole, qui se poursuit depuis 4 mois.