Le tribunal de commerce de Lyon a rejeté le projet Exalia, porté notamment par d’anciens salariés de Vencorex, qui visait à relancer l’activité sur la plateforme chimique du Pont-de-Claix. Une décision qui suscite inquiétude et incompréhension chez les défenseurs du site.

C’est un coup dur pour les porteurs du projet Exalia. Le tribunal de commerce de Lyon a refusé cette offre de reprise de la plateforme chimique du Pont-de-Claix, mettant un coup d’arrêt à plusieurs mois de travail menés par d’anciens salariés de Vencorex, des représentants syndicaux et des acteurs économiques locaux. L’objectif était de relancer progressivement l’activité industrielle du site, durement touché par la liquidation judiciaire de Vencorex au printemps 2025, qui avait entraîné la perte de près de 400 emplois.

Une ambition industrielle et environnementale

Le projet Exalia prévoyait, dans un premier temps, une remise en route partielle de l’activité avec une quinzaine de salariés, avant de monter en puissance pour atteindre environ 250 emplois à terme, voire jusqu’à 1 000 postes dans les cinq ans selon ses promoteurs. Au cœur du projet : la reprise de l’ensemble de la plateforme pour relancer la production de chlore et développer une chimie présentée comme « verte, sobre et décarbonée », avec des débouchés dans des secteurs clés comme le traitement de l’eau, l’agroalimentaire, la papeterie ou encore la pharmacie.

Colère et inquiétude chez les porteurs du projet

La décision de justice a provoqué une vive réaction parmi les défenseurs d’Exalia. Séverine Dejoux, ancienne salariée et représentante syndicale, dénonce un choix incompréhensible et redoute une disparition accélérée du site industriel. Les porteurs du projet évoquent la possibilité d’exercer des recours et s’inquiètent des conséquences à court terme. Selon eux, le rejet de cette offre pourrait ouvrir la voie à un démantèlement du site plutôt qu’à une reconversion industrielle.

Un projet jugé pourtant solide

Olivier Six, chef d’entreprise impliqué dans Exalia, défend la viabilité du projet, mettant en avant des lettres d’intention de clients et des perspectives économiques concrètes. Il estime que la décision aura un impact significatif sur l’industrie locale et sur l’avenir du bassin grenoblois. Un premier projet de reprise sous forme de coopérative avait déjà été rejeté par la justice quelques mois auparavant, malgré un montage rapide et le soutien d’un partenaire industriel étranger.

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