Dans un contexte de fortes tensions politiques locales, les plaintes déposées par Éric Piolle et Alain Carignon ont été classées sans suite par le parquet de Grenoble. La justice estime que les infractions invoquées ne sont pas caractérisées.

L’affaire trouve son origine dans des déclarations d’Alain Carignon publiées le 18 février dans Le Monde. L’ancien maire de Grenoble y évoquait notamment la politique migratoire de la municipalité et dénonçait une situation qu’il jugeait dégradée dans certains quartiers de la ville : «Piolle a appelé les migrants à venir. Il loge les Roms, accueille les Albanais, on a tous les gangs, Grenoble est en proie aux affrontements ethniques et à la ghettoïsation des quartiers […]»,À la suite de ces propos, le maire écologiste Éric Piolle avait déposé plainte pour « incitation à la haine raciale », estimant que les déclarations de son opposant franchissaient une limite pénale.

Le parquet écarte l’infraction

Après examen, le procureur de la République de Grenoble, Étienne Manteaux, a décidé de classer la plainte sans suite. Selon lui, les éléments constitutifs de l’infraction ne sont pas réunis. Le magistrat rappelle que la qualification d’incitation à la haine raciale suppose un appel explicite à la violence, ce qui n’apparaît pas dans les propos incriminés. Il souligne également que ces déclarations s’inscrivent dans un contexte électoral, période durant laquelle la liberté d’expression bénéficie d’une protection élargie.

Une contre-plainte également rejetée

Dans un second temps, Alain Carignon avait lui-même saisi la justice. Par l’intermédiaire de son avocat, il avait déposé plainte pour « diffamation et injure publique » après avoir été qualifié de « raciste » et « islamophobe » par des soutiens de Laurence Ruffin durant l’entre-deux-tours. Là encore, le parquet a estimé que les infractions n’étaient pas suffisamment caractérisées pour engager des poursuites, conduisant à un second classement sans suite. Informés de ces décisions, les deux protagonistes conservent toutefois la possibilité de relancer la procédure en déposant une plainte avec constitution de partie civile.

Partager cet article