Et s’il était le vrai gagnant des élections municipales à Grenoble ? Avec 14,6% des voix au premier tour, Allan Brunon a réussi à faire entrer 13 Insoumis au sein du conseil municipal. Soit un élu pour 588 voix. Avec ses 43,4% la liste menée par Alain Carignon a été trois fois moins bien servie (1 élu pour 1715 voix). Même Laurence Ruffin n’a pas fait mieux (1 élu pour 631 voix). Un rapport de force qui donne au jeune élu insoumis des ambitions.
« Nous serons la première force d’opposition à Grenoble » a affirmé Allan Brunon ce mardi lors d’une conférence de presse en précisant que cette opposition se voulait constructive. « Nous voterons, projet par projet, sur la base de notre programme du premier tour qui a été validé par plus de 7600 Grenoblois. Notre première délibération portera sur l’arrêt du jumelage avec la ville israélienne de Rehovot. » Un sujet potentiellement explosif pour tester d’entrée la nouvelle majorité de Laurence Ruffin.
Allan Brunon candidat à la présidence de la Métropole
Pour les Insoumis, « c’est une double victoire » puisque le mouvement fait aussi son entrée à la Métropole : « Je pense que cette arrivée bousculera les équilibres politiques car désormais ni Madame Ruffin, ni le prochain président ne pourra composer sans nous. » Et comme on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, Allan Brunon a annoncé ce mardi sa candidature à la présidence de l’agglomération pour porter le combat de la gratuité des transports en commun et la réquisition des logements vacants.
Des élus de Fontaine et Saint Martin d’Hères avec les Insoumis ?
A La Métropole, les Insoumis compte s’appuyer sur un groupe d’au moins 9 élus. 7 sont déjà fléchés par Grenoble. Les deux autres viendraient, selon eux, de Saint-Martin-d’Hères (Christophe Bresson) et Fontaine (Slimane Raïs) suite à un accord passé avec les communistes en échange du soutien de leur liste par LFI dans ces deux communes. « Vu que les communistes sont des gens qui respectent assez peu leurs promesses, il y aura des conséquences politiques si cet accord n’est pas honoré » a menacé Allan Brunon, donnant le ton des relations qu’il souhaite instaurer avec ses « partenaires ».
Des discussions engagées avec Christophe Ferrari
Le jeune Insoumis a également confirmé qu’il y avait eu des discussions avec le président Ferrari qui brigue un troisième mandat. « Il s’est engagé à travailler en bonne intelligence avec nous s’il est réélu. Je constate que Christophe Ferrari a avancé sur un certain nombre de sujets sur lesquels Eric Piolle a bloqué. Je parle par exemple de la capacité à loger les personnes qui occupaient le siège de la Métropole. Monsieur Ferrai s’est montré très vite disponible pour en loger beaucoup sur sa commune alors que la ville de Grenoble n’a proposé aucune solution. Nous, on veut une gouvernance de gauche à la Métro. »
Elu en 2020 grâce aux voix de la droite, Christophe Ferrari peut-il réussir le grand écart en conservant son poste avec le soutien de La France Insoumise ? Pas sûr que Raphaël Glucksmann, le président de Place Publique, parti auquel appartient l’actuel président de la Métropole, apprécie le coup politique.