Au bout de la nuit, la liste de droite menée par Alain Carignon est sortie en tête du premier tour en devançant d’un point celle de Laurence Ruffin. Deux sondages donnaient pourtant 10 points d’avance à la candidate qui reprend le flambeau d’Eric Piolle. Le deuxième tour s’annonce très serré et les tractations à gauche vont être intenses.
Grenoble a été la dernière ville en France à publier ces résultats du premier tour des Municipales. A plus d’une heure du matin ! Est-ce parce qu’il lui a fallu du temps pour admettre qu’Alain Carignon était bel et bien en tête ?
Un scénario idéal pour Alain Carignon
L’ancien maire est en effet arrivé devant Laurence Ruffin. Une avance d’un point qui s’inscrit dans un scénario idéal pour lui puisque ni le Rassemblement National de Valentin Gabriac (5%), ni le candidat de centre-droit Hervé Gerbi (9,6%) n’ont réussi à franchir la barre qualificative des 10%. Il n’aura donc à négocier avec personne pour le second tour.
Contrairement à son adversaire qui perd 20 points par rapport au score d’Eric Piolle en 2020. Un gouffre qui s’explique en partie par le résultat de La France Insoumise (14,6%) qui a décidé de se désolidariser de la majorité municipale pour défendre une candidature autonome. Son jeune candidat, Allan Brunon, 26 ans, devient le « faiseur de roi » du deuxième tour.
La France Insoumise au centre du jeu
Bien conscient qu’il est en position de force, l’Insoumis a tout de suite tendu la main à Laurence Ruffin pour une fusion des deux listes mais on imagine qu’il va poser ses conditions, au niveau programmatique comme sur le nombre de places éligibles.
Si elle veut cet accord, Laurence Ruffin va devoir remplacer certains de ses colistiers par des membres de La France Insoumise. Est-ce que les socialistes vont accepter ce deal ? Et comment ce rapprochement sera perçu par les électeurs ?
Au niveau national, le Parti Socialiste et de Place Publique rejettent une alliance avec LFI. Même Marine Tondelier, la patronne des Ecologistes, a demandé à Jean-Luc Mélenchon une clarification sur des propos qu’elle juge antisémite avant de s’engager à des alliances de deuxième tour.
Comme il est peu probable que Jean-Luc Mélenchon fasse amende honorable, on pourrait avoir une situation bloquée à Grenoble. Seule éclaircie pour Laurence Ruffin, les 9,99% de Romain Gentil, le candidat soutenu par Place Publique qui ne peut mathématiquement pas se maintenir pour trois voix, ce qui simplifie un peu l’équation.
Grenoble peut basculer à droite
Quoi qu’il en soit, il va falloir se mettre d’accord ou pas, mais très vite. Les candidatures pour le deuxième tour doivent être déposées en Préfecture avant mardi soir. Si Laurence Ruffin et Allan Brunon ne trouvent pas de terrain d’entente et que ce dernier maintien sa candidature, on aura un deuxième tour très incertain avec une dynamique en faveur d’Alain Carignon.
Un retour de l’ancien maire de Grenoble, 30 après après sa condamnation pour corruption et abus de biens sociaux n’est plus à exclure et serait un énorme coup de tonnerre dans la vie politique grenobloise. Cela rebattrait également les cartes à la Métropole.
On n’en est pas encore là car la gauche reste majoritaire sur le papier mais si Grenoble avait intéressé les médias ces dernières années avec son statut de première grande ville gérée par les écologistes, elle pourrait bien faire une nouvelle fois la Une de l’actualité nationale pour une autre raison : un revirement complètement inattendu.
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