En l’espace quelques années, trois membres d’une même famille, deux frères et une sœur, se sont retrouvés devant la justice pour des affaires criminelles d’une extrême gravité. Le dernier procès va se dérouler cette semaine à Grenoble. Retour sur une saga familiale où l’on règle ses comptes à coups de calibre, entre « amis ».

Le premier fait notable remonte au 25 octobre 2014. Vers 23 heures, Mohamed el Amine Smai, alors âgé de 23 ans est pris pour cible par un tireur au pied de son immeuble, rue Nicolas-Chorier, à Grenoble, alors qu’il arrive à scooter avec un ami. Touchée à une jambe, la victime parvient tout de même à s’échapper en évitant les balles du tireur encagoulé qui s’enfuit en voiture. Touché à l’artère fémorale, le jeune homme est sauvé in-extremis et donne le nom de son agresseur qu’il a reconnu : Loic Allami, un ancien ami qu’il qualifiait même de « frère »… C’est un différend financier sur fond de trafic de cannabis qui semble à l’origine de cette tentative d’assassinat. Les deux hommes étaient liés au point de deal de la place Saint-Bruno. Le tireur, Loic Allami, était sorti de prison quatre jours plus tôt après une condamnation pour violences conjugales. Jugé en 2017 pour cette nouvelle affaire, il est condamné à sept ans de prison.

Règlements de comptes sanglants place Saint-Bruno

Quatre ans plus tard, le 17 août 2021 vers 20 heures, Loic Allami qui a retrouvé la liberté est à son tour pris pour cible à la terrasse d’une pizzeria de la place Saint-Bruno. Un homme arrivé en scooter lui tire dessus au milieu des autres clients. Touché au thorax, il est transporté au CHU de Grenoble entre la vie et la mort. La pièce tombera du bon côté mais Loic Allami, 29 ans au moment de cette tentative d’assassinat, restera lourdement paralysé.

La soeur fait également parler les armes

Le 4 mai 2022, la petite sœur de Loïc, Laura Allami, alors âgée de 24 ans et déjà condamnée à de la prison pour vol, tente de tuer sa « meilleure amie ». Les faits se sont déroulés en pleine nuit sur la commune de Champagnier au sud de l’agglomération grenobloise. La victime, âgée de 21 ans à l’époque, est retrouvée au bord d’une route isolée, gravement blessée par au moins cinq balles au visage et au thorax. Elle survivra mais garde elle aussi des séquelles irréversibles de cette agression. Pour cette tentative de meurtre qui serait liée à une rupture amoureuse entre les deux femmes, Laura Allami a été condamnée, en octobre 2025, à 15 ans de prison.

Au tour du petit frère de tuer de sang froid

Le 30 juin 2022, c’est le troisième membre de la fratrie, Steven Allami, qui est à son tour impliqué dans une affaire d’assassinat. Lui aussi est un dealer connu de la place Saint-Bruno. Il a déjà fait de la prison pour trafic de stupéfiants. Ce soir là, Dano Briset, un autre dealer du quartier, attend un ami qui ferme sa pizzeria sur le cours Joseph Vallier. Sa petite copine est à côté de lui quand vers une heure du matin un tireur surgit à pied et lui tire dessus à travers la vitre ouverte. Dano Briset est mortellement touché au thorax et à la tête. Il était sorti de prison un mois avant. Steven Allami sera identifié comme le tireur grâce à son ADN retrouvé sur le portillon d’un square que l’agresseur avait escaladé pour s’enfuir. Mise sous écoute, la petite amie de la victime, présente au moment des tirs, confirmera au téléphone à un proche avoir reconnu Steven. Une information qu’elle avait pourtant cachée aux enquêteurs, peut-être par peur des représailles.

Un nouveau procès cette semaine à Grenoble

Plus de trois ans après les faits, le procès de cet assassinat se déroule cette semaine à Grenoble. Les enquêteurs avancent la piste familiale comme mobile. Steven aurait voulu venger sa grande sœur ou son grand frère. Une écoute téléphonique révèle en effet que Laura Allami en voulait énormément à Dano Briset d’avoir révélé à sa famille qu’elle était lesbienne. L’autre hypothèse tourne autour du trafic de drogue. Loïc Allami qui était à l’époque un des gérants du lucratif point de deal de la place Saint-Bruno avait pour lieutenant Dano Briset. Et ce dernier lui aurait volé de l’argent. Un motif suffisant pour entraîner son élimination. La cour d’assises de l’Isère permettra peut-être de comprendre un peu mieux le fonctionnement de cette famille au parcours criminel bien rempli.

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