Ce jeudi 12 mars, alors que les Jeux paralympiques d’hiver battent leur plein en Italie, la patinoire Pôle Sud de Grenoble a pris des airs d’arène inclusive. Des collégiens de Gap et de Grenoble se sont affrontés lors d’une initiation au para-hockey, découvrant une discipline aussi physique qu’exigeante, où la force des bras remplace celle des jambes.
Les yeux sont actuellement rivés sur les athlètes paralympiques de Milan-Cortina, mais l’inspiration, elle, redescend jusque sur la glace grenobloise. Présent au programme paralympique depuis les Jeux de Lillehammer en 1994, le para-hockey est réservé en compétition officielle aux athlètes présentant une déficience permanente du bas du corps, rendant le patinage ordinaire impossible. Pourtant, aujourd’hui, sur la piste de 60 mètres par 30, ce sont des collégiens valides des sections sportives de Gap et de Grenoble qui ont pris place sur les luges pour une initiation hors du commun.
Tout est dans les bras
Oubliez les patins traditionnels. Ici, les joueurs sont assis sur une luge équipée de deux lames suffisamment élevées pour laisser glisser le palet en dessous. Pour avancer et tirer, ils manient deux crosses de 75 centimètres, dotées de pointes à l’une de leurs extrémités, pour se propulser sur la glace.


Même pour les jeunes habitués aux patinoires, le choc est de taille. Noa Blache, joueur en U15 aux Brûleurs de Loups, réalise vite la différence : « Ça n’utilise pas les mêmes muscles. On ne fait pas du tout la même chose, en fait. » Un constat partagé par Juliana Thomine, venue de Gap, qui souligne l’exigence de la discipline : « le fait de faire du para-hockey, c’est beaucoup plus compliqué parce qu’il faut beaucoup de force dans les bras. »


Le sport parfait pour niveler les niveaux
Structuré par la Fédération Française de Hockey sur Glace (FFHG) depuis juin 2018 pour développer le nombre de pratiquants, le para-hockey se révèle être un outil d’inclusion massif. Sur la luge, les compteurs sont remis à zéro, peu importe le bagage sportif des élèves.
Christian Bacquet, professeur d’arts plastiques et coordinateur de l’événement pour le collège Centre de Gap, a tout de suite vu le potentiel de cette rencontre : « l’avantage du para-hockey c’est que ça nivelle les niveaux et ça permet que très vite on puisse mixer filles, garçons et débutants. » Pour Perrine Maignan, en charge du développement à la Ligue, cette journée remplit parfaitement son objectif : « C’est une manière d’appréhender le hockey différemment et de pouvoir échanger autour de cette pratique d’une autre manière. »
Des étoiles plein les yeux, des trophées plein les mains
En pleine ferveur paralympique, cette initiation permet de sensibiliser la jeune génération à la réalité du haut niveau adapté. Katarina Thomine, ancienne joueuse internationale de para-hockey présente pour observer sa fille sur la glace, s’en réjouit : « Moi, je pense que c’est bien qu’ils découvrent autre chose que ce qu’ils ont l’habitude de voir. »
Et pour que l’événement soit total, sport et art se sont mélangés : les trophées remis aux meilleures équipes et arbitres de la journée ont été entièrement pensés et fabriqués par les élèves eux-mêmes. Une belle victoire collective, bien au-delà du simple tableau des scores.
