Alors que le GF38 reçoit l’AS Saint-Étienne ce samedi 14 mars au Stade des Alpes, un groupe de supporters stéphanois bien particulier sera présent dans les tribunes. « Les Verts Alpins », une association relancée fin 2024, rassemble des passionnés… installés à Grenoble et dans son agglomération.
À Grenoble, la passion pour l’AS Saint-Étienne ne se limite pas aux frontières de la Loire. Depuis la fin de l’année 2024, un groupe de supporters baptisé Les Verts Alpins s’est reformé dans l’agglomération.
À l’initiative du projet, deux passionnés du club, Gilles Romero, le président, et Patrick Bertrand, le trésorier, avec qui nous nous sommes entretenus. Patrick est Grenoblois depuis plus de quarante ans. « On a recréé un groupe de supporters de Saint-Étienne pour tous les amoureux des Verts qui sont sur Grenoble et l’agglomération. On regroupe vraiment tous les supporters, on n’a pas d’étiquette d’ultra, rien du tout. »
L’association comptait déjà près de quarante adhérents quelques mois après sa relance. Une diversité assumée, avec des membres âgés de 19 à 65 ans. « On se rend compte que dans le groupe de supporters maintenant, il y a aussi bien des vieux comme moi, mais aussi plein de jeunes. Donc on est vraiment content d’avoir ce succès-là. »

Une passion née loin du Chaudron
Patrick n’a pourtant aucun lien familial avec la ville de Saint-Étienne. « Ma famille n’était pas du tout foot, plutôt rugby. Moi je suis tombé dans la marmite quand j’étais jeune…enfin, dans le chaudron »
Son attachement au club s’est construit au fil des années, jusqu’à devenir une habitude presque rituelle. « Je suis abonné depuis plus de 30 ans à Geoffroy-Guichard, dans le Kop Nord. Et ça c’est quelque chose que je ne vendrai pas, mon abonnement. »
Malgré la distance, il fait l’aller-retour entre Grenoble et Saint-Étienne pour aller voir son équipe favorite. « Ça ne me pose pas de problème de faire 150 kilomètres tous les quinze jours pour aller dans le Chaudron. »
« Ce qui me manque à Grenoble, c’est l’ambiance »
S’il suit régulièrement les équipes sportives grenobloises, Patrick reconnaît que l’ambiance du football stéphanois lui manque parfois dans la capitale des Alpes. « J’ai déjà vu des matchs à Grenoble, bien entendu, en dehors des matchs contre Saint-Étienne. Mais ce qui me manque, c’est l’ambiance. »
Selon lui, le contraste est frappant. « Quand en ce moment ils rassemblent 3000 personnes pour un stade de 20 000, ça sonne un peu creux. » Le match face à Saint-Étienne devrait toutefois offrir un tout autre visage au Stade des Alpes. « On sait que samedi prochain ça va être très plein, mais que les Grenoblois risquent de jouer un peu à l’extérieur. »
Des déplacements organisés depuis Grenoble
L’un des objectifs des Verts Alpins est aussi de structurer les déplacements vers le Chaudron. Le groupe organise régulièrement des covoiturages ou des trajets en minibus. « On organise des covoiturages à tous les déplacements pour les matchs à Saint-Étienne. La dernière fois contre le Red Star, on était 17. »


Au-delà des matchs, les membres multiplient les moments conviviaux. « On se retrouve aussi pour regarder les matchs à l’extérieur. Et on fait aussi des moments conviviaux, une pétanque, un repas ensemble. » Une manière de fédérer les supporters stéphanois installés dans l’agglomération grenobloise. « On sait qu’il y a beaucoup de supporters de Saint-Étienne qui habitent sur Grenoble. On en a encore découvert trois ou quatre la semaine dernière qui nous ont dit qu’ils ne savaient même pas qu’on existait. »
Venir discrètement pour éviter tout conflit
La rencontre de samedi pourrait toutefois se dérouler dans un contexte particulier. Historiquement, les relations entre certains supporters grenoblois et stéphanois sont parfois tendues. Patrick évoque notamment les Red Kaos, groupe de supporters du GF38. « Il y a un fameux groupe de Grenoblois qui s’appelle les Red Kaos qui a eu des conflits avec certains supporters stéphanois. »
Selon lui, une mobilisation aurait été évoquée avant la rencontre. « J’ai cru comprendre qu’il y avait une mobilisation générale décrétée par les Red Kaos et par les supporters grenoblois samedi. »
Un arrêté préfectoral pourrait également limiter la présence de signes stéphanois dans le stade. « On pense qu’il va y avoir un arrêté interdisant à tous les stéphanois de porter du vert et de rentrer dans le stade avec du vert. »
Face à cette situation, les Verts Alpins comptent jouer l’apaisement. « On ne va pas venir avec du vert. On l’a vécu il y a deux ans, c’était très compliqué. Mais on veut surtout éviter le conflit. On n’est pas là pour se battre, pas du tout. »
Le groupe prévoit donc d’arriver sans signe distinctif. « On va arriver de façon totalement indépendante et sans signe stéphanois. » Malgré tout, Patrick s’attend à une forte présence des supporters de l’ASSE dans le stade. « Dans l’ambiance, je pense que le stade sera très vert. Le parcage évidemment, mais aussi dans le reste du stade. »
Faire connaître les Verts Alpins
Pour les membres de l’association, la priorité reste désormais de continuer à se faire connaître dans la région. « On est certains d’une chose : il y a beaucoup de supporters de Saint-Étienne qui habitent sur Grenoble ou la région. L’idée c’est vraiment d’en toucher un maximum. »
Et pourquoi pas profiter du match de samedi pour agrandir encore le groupe. Même loin du Chaudron, la ferveur stéphanoise continue ainsi de s’exprimer… au pied des Alpes.

