Après une saison 2025 sous fortes contraintes, l’accès au Haut-Vénéon sera facilité en 2026. La route départementale 530 rouvrira plus largement en intersaison et les navettes seront plus nombreuses. En revanche, le hameau sinistré de La Bérarde, touchée par une crut torrentielle en juin 2024, restera fermé au public.
C’est l’évolution la plus attendue par les professionnels de la montagne. La D530, axe stratégique de la vallée du Vénéon, sera accessible à tous les usagers jusqu’au hameau des Étages, situé à trois kilomètres en aval de La Bérarde, dès sa remise en état au printemps, probablement mi avril après déneigement, et ce jusqu’au 5 juillet. À partir de cette date et jusqu’au 30 août, le régime d’accès sera de nouveau restreint. Seuls les riverains, les secours, les professionnels de la montagne et les randonneurs pouvant justifier d’une réservation en refuge seront autorisés à circuler au-delà de Pré Clot. Les autres visiteurs devront stationner à ce hameau, à 10 kilomètres de La Bérarde, et poursuivre à pied ou en navette. Passé le 30 août, la route rouvrira à tous jusqu’aux Étages, sous réserve des conditions météorologiques. Pour le maire de Saint-Christophe-en-Oisans, Jean-Louis Arthaud, cette décision était indispensable. « Je me suis battu toute l’année dernière pour permettre la circulation jusqu’aux Étages. En 2025, le fonctionnement des navettes n’était pas adapté aux pratiques des alpinistes. Le résultat a été catastrophique pour les refuges », rappelle l’élu, évoquant une saison quasi blanche après la catastrophe de juin 2024.
Des navettes payantes mais plus adaptées
Autre changement notable : les navettes estivales, mises en place par la Région, deviennent payantes. Un trajet simple coûtera 4,80 euros sur la ligne T77 du réseau Cars Région. Les abonnés bénéficieront de tarifs réduits, mais la réservation, facturée 0,50 euro, sera obligatoire. Le service fonctionnera du 5 juillet au 30 août, sur une période plus courte que l’an dernier, avec une capacité de 30 passagers par rotation. La fréquence sera doublée : seize allers-retours quotidiens sont annoncés entre Venosc et Combe Noire, à 300 mètres de La Bérarde, contre sept l’été dernier. La dernière navette retour est prévue à 21 heures, afin de mieux correspondre aux horaires des alpinistes. Des arrêts intermédiaires sont prévus au Plan du Lac, à Saint-Christophe, à Pré Clot, à Champhorent et aux Étages. Le budget global du dispositif s’élève à 160 000 euros hors taxes, financé à 90 % par la Région et à 10 % par la communauté de communes de l’Oisans. Trois agents communautaires seront positionnés à la sortie de Saint-Christophe pour orienter les randonneurs et surveiller la saturation des parkings. L’objectif affiché est clair : maintenir une circulation fluide et garantir l’accès des secours en cas d’événement majeur.
La Bérarde, toujours zone interdite
Le 21 juin 2024, la vidange d’un lac glaciaire a provoqué le débordement du torrent des Étançons, ravageant le hameau de La Bérarde et détruisant la route départementale. Depuis, ce site emblématique de l’alpinisme dans le massif des Écrins reste sous la menace d’un risque torrentiel. Cet été encore, La Bérarde restera interdite d’accès et de traversée. La zone d’exclusion a même été étendue jusqu’au pont du camping. En théorie, les randonneurs devront longer le Vénéon par la rive gauche pour rejoindre le cœur du massif. Une passerelle provisoire sera réinstallée au-dessus du nouveau lit des Étançons. Une structure définitive doit être mise en chantier à la mi-juin, pour une ouverture espérée à la mi-juillet. Comme en 2025, un poste avancé de gendarmerie sera installé au camping de La Bérarde durant l’été afin de réduire les délais d’intervention en cas d’urgence. Une procédure d’alerte spécifique est également reconduite par les services de l’État pour anticiper tout nouveau risque.
👉Retrouvez l’interview de Jean-Louis Arthaud, un an après la catastrophe en juin 2025.