Pour leur dernier match à domicile de la saison régulière, les Brûleurs de Loups se sont imposés face à Nice (2-1). Une victoire symbolique, qui met fin à la malédiction du dimanche et confirme une dynamique retrouvée avec trois succès consécutifs. À l’approche des play-offs, Grenoble poursuit sa reconstruction après un changement majeur sur le banc intervenu très tard dans la saison.
Ce ne fut pas une balade du dimanche… serré, disputé, mais bien géré : les Grenoblois ont misé sur leur patience et leur discipline pour venir à bout d’une formation niçoise accrocheuse, qui restait sur 4 succès de rang. Menés au score, les Brûleurs ont su inverser la tendance pour l’emporter 2-1, grâce notamment à un deuxième but inscrit par leur meilleur marqueur, Christophe Boivin.
«On a joué un bon match, même si on aurait pu marquer plus. L’important, c’est de finir ici par une victoire avant les play-offs », souligne l’attaquant. Ce succès permet aussi de tourner une page statistique : Grenoble n’avait plus gagné un dimanche depuis le 7 décembre, c’était en déplacement à Amiens. « C’est une stat qu’on laisse enfin derrière nous ! Tant mieux car pendant les play-offs, il y aura encore des matchs le dimanche », rappelle Boivin.

Une saison mouvementée pour le champion en titre
Champions de France en titre, les Brûleurs de Loups ont vécuune saison loin d’être linéaire. Après un parcours exceptionnel en Coupe d’Europe – une qualification pour les phases finales pleine de panache – leurs résultats ont été irréguliers en Ligue Magnus. Jamais décrochés, toujours dans le trio de tête (ils totalisent 12 défaites sur 42 matchs, ils sont 2e au classement avec 11 points de retard sur Rouen).
Le tournant de la saison est survenu en Coupe de France, avec une lourde défaite contre Rouen, suivie du limogeage de l’entraîneur Per Hanberg. Un changement structurel majeur, opéré alors que la saison était déjà bien avancée, obligeant le club à s’adapter dans l’urgence. « Beaucoup de choses se sont passées ces trois ou quatre dernières semaines », explique le nouvel entraîneur Edo Terglav. «À cette période de l’année, trop changer, c’est dangereux. L’idée n’était pas de tout bouleverser, mais d’aller chercher le meilleur de chacun. »
Continuité sur le banc, ajustements sur la glace
Coach assistant cette saison, ancien entraîneur principal du club entre 2018 et 2020, Edo Terglav a repris les rênes de l’équipe, épaulé par Julien Baylacq, ancien joueur emblématique des Brûleurs de Loups. « Julien représente l’identité du club et ses valeurs. Il est très investi avec les joueurs, il sait les remobiliser quand ça va moins bien », confie Terglav. Un duo chargé de préserver une forme de continuité tout en redonnant confiance à un groupe touché par les bouleversements récents. Sur la glace, les priorités sont claires : revenir à des bases simples. « Ce que j’ai aimé aujourd’hui, c’est l’effort. On n’est pas encore au hockey qu’on voudrait jouer, mais les gars ont été solidaires, disciplinés, ils ont fait beaucoup de sacrifices. C’est là que tout commence », insiste le coach.

Le collectif comme moteur de la relance
Pour le capitaine Sacha Treille, cette période de transition a renforcé les liens dans le vestiaire : « Ça prend du temps de se restructurer et d’être tous sur la même page. Il y a eu des hauts et des bas dans nos performances, mais notre vestiaire vit très bien. Tout le monde s’entend super bien et ça aide quand tu traverses des moments plus compliqués. » Même constat pour Christophe Boivin : « On est soudés. Les bonnes équipes trouvent toujours un moyen de gagner, même quand ce n’est pas parfait. Il faut qu’on trouve notre identité et qu’on continue là-dessus pour les play-offs. »
La victoire contre Nice illustre cette évolution : une équipe parfois en difficulté dans le jeu, mais disciplinée (aucune pénalité), compacte défensivement et patiente. « On ne veut pas jouer un hockey de ping-pong. On veut être solides, attendre notre chance », résume Edo Terglav.

Une course contre-la-montre avant les séries
Avec trois victoires consécutives, Grenoble a retrouvé une dynamique positive au moment clé. L’objectif est désormais clair : sécuriser la deuxième place et surtout arriver prêt collectivement. « La meilleure partie de l’année arrive », sourit Sacha Treille. « On est encore en reconstruction, mais on profite de ces matchs pour corriger nos détails et arriver le plus proche possible de ce qu’on veut être. »
En s’imposant pour la dernière fois de la phase régulière à domicile, à Pôle Sud – encore à guichets fermés dimanche ! – les Brûleurs de Loups ont validé un point essentiel : malgré un changement d’entraîneur tardif et une adaptation forcée dans l’urgence, le groupe avance désormais uni vers les play-offs, porté par une dynamique retrouvée et une cohésion devenue centrale dans cette course contre le temps.