Comme il y a deux semaines, quelques centaines de militants de gauche sont descendus dans la rue ce vendredi soir pour protester contre la tenue d’un meeting du Rassemblement National.
L’évènement qui accueille quatre députés est présenté comme l’un des temps forts de la campagne de la tête de liste Valentin Gabriac. L’occasion pour le candidat de détailler son programme pour les Municipales à Grenoble, de rassembler ses soutiens et de présenter son équipe.
Mais l’annonce de la tenue de cette réunion publique a suscité une vive contestation au sein d’une partie de la gauche grenobloise. Allan Brunon, le candidat de La France Insoumise a demandé au maire de Grenoble son interdiction, estimant que la présence du RN dans la capitale des Alpes alimente les tensions politiques et banalise des idées jugées contraires aux valeurs portées par une partie des élus grenoblois.
Le maire Éric Piolle a toutefois écarté cette demande. Il a rappelé que la liberté de réunion constitue un principe fondamental en démocratie et qu’une interdiction ne peut être prononcée en l’absence de risque avéré pour l’ordre public. Des affrontements entre les forces de l’ordre et des militants d’extrême gauche avaient eu lieu lors du précédent meeting du Rassemblement National, il y a deux semaines.

Mais cette fois, les effectifs de police ont été mobilisés en nombre avec une douzaine de camions de CRS qui stationnaient, en début de soirée, à proximité de la Maison du Tourisme où se déroulait la réunion publique. L’accès à la salle a d’ailleurs été filtré par les forces de l’ordre pour éviter des intrusions d’opposants.
Plusieurs collectifs et militants de gauche se sont néanmoins rassemblés à quelques dizaines de mètres de là, sur la place Grenette. La mobilisation a réuni environ 300 personnes. Après avoir scandé des slogans contre « les fachos, les flics et l’Etat », les manifestants ont voulu s’approcher du lieu du meeting mais les CRS leur ont barré la route dans le calme. Il n’y a pas eu pour l’instant d’incidents.

De son côté, le RN a dénoncé une tentative d’entrave à sa campagne. À deux semaines du scrutin, cet épisode illustre la tension croissante qui marque la campagne municipale grenobloise, dans une ville historiquement ancrée à gauche mais où les rapports de force politiques se recomposent.