Les 15 et 22 mars, les Grenoblois sont appelés aux urnes pour élire leur prochain maire. Après douze ans à la tête de la ville, Eric Piolle ne se représente pas. La succession est donc ouverte. Jusqu’au scrutin, TéléGrenoble donne la parole aux candidats dans l’émission Le +. Aujourd’hui, focus sur Alain Carignon, candidat des Les Républicains.
Ancien maire de Grenoble, ministre, député ou encore président du Département, Alain Carignon mise sur son expérience et sur une stratégie de rassemblement pour cette campagne. Il a réussi à unir autour de sa candidature une partie du centre et des macronistes, dont Émilie Chalas, ancienne députée de l’Isère qui avait pourtant été très critique sur sa gestion de la ville entre 1983 et 1995. Un rapprochement qu’elle justifie par une convergence de positions au conseil municipal et par la volonté de construire une alternance face à la majorité sortante.
Une liste de rassemblement
Présentée devant la MC2, « navire amiral de la culture grenobloise », sa liste entend symboliser la « réconciliation » entre les quartiers favorisés et les secteurs plus populaires de la ville. Elle rassemble des élus issus de différentes sensibilités politiques, des représentants d’unions de quartier et des personnalités venues de la droite, du centre mais aussi de la gauche – dont deux anciens élus de la majorité Piolle.
Alain Carignon revendique une équipe « enracinée » et représentative de la diversité socioprofessionnelle de Grenoble. S’appuyant sur un sondage publié en janvier, il estime que sa liste est en mesure de rivaliser avec celle de la candidate de la majorité sortante, Laurence Ruffin, et appelle à un « vote utile » dès le premier tour pour éviter la dispersion des voix.
Sécurité et propreté au cœur du programme
Parmi les 240 propositions de son programme, Alain Carignon met en avant cinq priorités. La première concerne la sécurité. Il défend un renforcement de la police municipale avec le recrutement de 50 agents par an pendant trois ans, la création d’un poste de commandement opérationnel ouvert 24h/24 et l’installation de 350 caméras de vidéoprotection. Il souhaite une police municipale armée et un travail renforcé avec la police nationale et la justice.
Deuxième axe, la propreté. Il critique l’organisation actuelle entre la Ville et la Métropole et plaide pour une gouvernance unifiée des services de nettoyage et de gestion des déchets. Il propose de repenser le tri sélectif en fonction des réalités de chaque quartier et d’installer des équipes polyvalentes chargées de la propreté urbaine.
Finances locales et attractivité économique
Troisième priorité, les finances. Alain Carignon affirme vouloir stopper la hausse des impôts locaux, notamment la taxe foncière. Il prévoit pour cela un plan d’économies basé sur la mutualisation des services entre la Ville et la Métropole, la suppression des doublons administratifs et la revalorisation du patrimoine municipal jugé coûteux ou sous-utilisé. Il n’exclut pas, à terme, une baisse de la fiscalité locale si ces économies sont réalisées.
Quatrième thème, le commerce. Il pointe un taux de vacance commerciale qu’il juge préoccupant et relie cette situation à l’insécurité, à la saleté et aux difficultés d’accès au centre-ville. Il propose notamment la création de nouveaux parkings, la gratuité du stationnement sur certaines plages horaires et des mesures pour renforcer l’attractivité commerciale et médicale du centre-ville.
Urbanisme et métropole
Cinquième axe, l’urbanisme. Alain Carignon critique la politique de construction menée ces dernières années, qu’il juge responsable de l’augmentation des îlots de chaleur urbains. Il s’oppose à la construction de nouveaux logements sociaux dans les derniers espaces verts et plaide pour une révision du plan local d’urbanisme afin de sanctuariser les zones de respiration de la ville.
Concernant la Métropole, qu’il juge « mal gérée » sous la présidence de Christophe Ferrari, il dénonce un endettement croissant et un projet de siège métropolitain jugé trop coûteux. Il appelle à une gouvernance plus coopérative entre les communes et affirme qu’il n’y aura pas de redressement de Grenoble sans un travail étroit avec l’intercommunalité.
Alain Carignon assure enfin que sa liste du premier tour sera maintenue au second tour sans fusion avec le Rassemblement National, appelant à un rassemblement autour de sa candidature pour « changer de cap ».

👉 Le 1er tour des élections municipales aura lieu le dimanche 15 mars – à suivre en direct sur notre antenne à partir de 19h45
🎥 Interview complète d’Alain Carignon est à retrouver en replay