Les 15 et 22 mars, vous allez voter pour choisir votre prochain maire. À Grenoble, Eric Piolle, en poste depuis douze ans, ne se représente pas. La succession est donc ouverte. Jusqu’au scrutin, on vous propose de découvrir les candidats un par un. Ils viennent présenter leur parcours et leur programme sur le plateau de TG+ dans l’émission Le +. Aujourd’hui, rencontre avec Thomas Simon, tête de liste du mouvement citoyen Grenoble Alpes Collectif.

Âgé de 35 ans, Thomas Simon est directeur d’une coopérative spécialisée dans la démocratie directe. Installé à Grenoble depuis une dizaine d’années, il est père de deux enfants scolarisés dans la ville. Originaire des Hautes-Alpes, il se présente pour la première fois à une élection. Sa candidature est issue d’un processus original baptisé « plébiscite citoyen », ouvert à tous les Grenoblois.

Une candidature issue d’un processus citoyen

Grenoble Alpes Collectif revendique une autre manière de faire de la politique. Plutôt que de désigner un candidat en interne, le mouvement a proposé à chacun de suggérer des personnes jugées légitimes pour se présenter. Plus de 150 noms ont ainsi été proposés, avant qu’une soixantaine ne soient retenus pour composer la liste.

Pour la tête de liste, aucun volontaire ne s’est déclaré : ce sont les membres du collectif qui ont désigné Thomas Simon à l’issue d’un travail d’intelligence collective. Le mouvement insiste sur sa volonté de rompre avec la personnalisation du pouvoir et de valoriser une représentation plurielle. Composée à plus de 80 % de candidats de moins de 40 ans, la liste se veut le reflet d’un engagement local porté notamment par des acteurs de l’éducation populaire, du monde associatif et de la culture.

« Accéder au pouvoir pour transformer la démocratie »

Thomas Simon ne se revendique pas d’un parti politique, mais défend des valeurs de justice sociale, d’écologie populaire et de démocratie directe. Le mouvement refuse de se positionner strictement sur l’axe gauche-droite, tout en affirmant son opposition aux politiques conservatrices. Son objectif est clair : accéder à la mairie pour transformer en profondeur la manière dont les décisions sont prises, en impliquant directement les habitants.

Ses cinq axes prioritaires

Interrogé sur ses propositions concrètes pour améliorer le quotidien des Grenoblois, Thomas Simon décline cinq grands axes :

  • Culture et vie associative : le mouvement souhaite maintenir le budget culturel et protéger la liberté de création. Il propose un fonds spécifique pour soutenir les associations et artistes confrontés à des formes de censure, et entend garantir l’indépendance du monde culturel face aux pressions politiques.
  • Santé : création d’un « tiers-lieu de santé », un espace ressource pour les professionnels, les patients et les aidants, en lien avec les communautés professionnelles territoriales de santé, afin de lutter contre le désert médical et favoriser l’installation de soignants.
  • Sécurité : plutôt que des dispositifs répressifs, Grenoble Alpes Collectif défend une « veille citoyenne et policière » par quartier, réunissant habitants, policiers, médiateurs et éducateurs. Objectif : restaurer le dialogue et construire des réponses locales aux problèmes de délinquance, mais aussi aux violences intrafamiliales et au harcèlement.
  • Logement : le logement est considéré comme un droit et non comme un bien spéculatif. Le collectif propose de renforcer la taxation des logements vacants, d’utiliser les outils juridiques existants pour réquisitionner les biens inoccupés et d’agir contre les situations de logements indignes.
  • Démocratie directe : mise en place d’un budget 100 % citoyen. Une assemblée de citoyens tirés au sort serait chargée d’élaborer plusieurs scénarios budgétaires pour la ville, soumis ensuite à référendum. Une manière, selon Thomas Simon, de redonner du pouvoir réel aux habitants.

Une autre vision de la Métropole

Concernant la Métropole, le candidat plaide pour une gouvernance moins centralisée et plus ouverte aux communes et aux citoyens. Il souhaite renforcer le poids des habitants dans les décisions intercommunales, estimant que les enjeux budgétaires et écologiques dépassent largement le cadre strict de la ville-centre.

« Faire confiance à l’intelligence collective »

Pour Thomas Simon, la crise démocratique actuelle montre les limites du système représentatif classique. Il défend l’idée que des citoyens tirés au sort, sans enjeu de carrière politique, sont capables de construire des compromis et de penser l’intérêt général.

Thomas Simon, candidat Grenoble Alpes Collectif à la mairie de Grenoble 2026, sur le plateau de TG+ avec le journaliste Thibault Leduc

👉 Le 1er tour des élections municipales aura lieu le dimanche 15 mars – à suivre en direct sur notre antenne à Partir de 19h45

🎥 Interview complète de Thomas Simon est à retrouver en replay

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