Deux jours après la découverte du corps de Fatima, une mère de famille à Chavanoz, l’enquête pour homicide par conjoint a connu une avancée majeure. Lors d’une conférence de presse à Grenoble, le procureur a annoncé la mise en examen du compagnon de la victime, placé en détention provisoire.

Le suspect, âgé de 49 ans, a été mis en examen au pôle de l’instruction de Grenoble pour homicide par conjoint concubin après la découverte du corps de sa compagne, le 24 février vers 18h10, à son domicile.

L’homme a été placé en détention provisoire : «s’il est mis en examen, c’est qu’il a déjà été réuni des indices graves et concordants permettant de penser que c’est lui qui était derrière ces faits », a déclaré le procureur de Grenoble, Étienne Manteaux.

Un crime sur fond de séparation

Selon les premiers éléments de l’enquête, la victime, âgée de 46 ans et mère d’un enfant de huit ans, avait annoncé sa décision de quitter son compagnon.

« On n’a pas d’investigation claire qui laisse apparaître qu’il y avait eu auparavant des violences conjugales, mais clairement l’annonce d’une séparation qui avait été formalisée à monsieur dans les 48 dernières heures », a indiqué le procureur.

L’alerte a été donnée par une voisine après que l’enfant n’a pas été récupéré à la sortie de l’école.

Les secours ont dû forcer l’entrée du logement, où aucune trace d’effraction ni de vol n’a été constatée, orientant rapidement les investigations vers la sphère familiale.

Une autopsie révélant une violence extrême

L’autopsie a mis en évidence onze coups de couteau, dont une blessure thoracique particulièrement profonde.

« Une plaie d’une profondeur de 23 centimètres… qui a sectionné une partie du poumon, du diaphragme, du foie, de l’aorte et du rein », a détaillé le procureur.

Le décès serait survenu très rapidement. L’arme du crime n’a pas été retrouvée.

Une chronologie resserrée et une interpellation rapide

Les investigations ont permis de reconstituer un intervalle temporel très court entre les derniers contacts de la victime et la fuite du suspect.

La victime a appelé sa mère vers 15h. À 16h05, le compagnon est filmé dans une station-service de Tignieu-Jameyzieu en train de se laver les mains.

« On sait que les faits ont lieu avant 16h05 et après 15h », a précisé le procureur.

Grâce à la géolocalisation du téléphone et à la coordination police-gendarmerie, l’homme est interpellé vers 22h50 près de la gare de Grenoble.

« On peut mesurer l’extraordinaire complémentarité gendarmerie-police et la grande réactivité des policiers », a-t-il souligné.

Lors de son interpellation, le suspect portait des vêtements comportant des traces de sang, actuellement en cours d’analyse.

Durant sa garde à vue, il est resté silencieux. « Il ne s’est pas exprimé. Les seules personnes devant lesquelles il s’est exprimé, ce sont les médecins », a indiqué le procureur.

L’homme avait évoqué des troubles psychiatriques, mais l’expertise n’a retenu aucune pathologie.

Un enfant « victime totale »

Le fils de la victime, âgé de huit ans, a été pris en charge médicalement et psychologiquement.

« C’est un enfant dont son père génétique n’était pas investi… il perd sa maman et le concubin de sa mère se retrouve placé en détention provisoire », a déclaré le procureur.

Un message écrit par l’enfant, évoquant les tensions dans le couple, a été retrouvé au domicile. L’enfant n’a pas encore été entendu.

Une enquête encore en cours

Le mobile précis reste à déterminer, notamment en raison du silence du suspect.

« Il est encore beaucoup trop tôt pour dire que c’est définitivement le concubin qui est l’auteur des faits », a rappelé le procureur.

Le magistrat a également insisté sur la difficulté de prévenir ces passages à l’acte lorsqu’aucun signalement préalable de violences n’existe :

« C’est toujours absolument désolant de constater qu’en 2026 certains couples ne soient pas en capacité de se séparer de façon apaisée. »

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