La présence du loup continue de progresser en France, attisant les tensions dans le monde agricole. Alors que les territoires concernés sont passés en dix ans de moins de dix départements à plus de soixante, le gouvernement annonce un durcissement des règles face à la recrudescence des attaques.

La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, et le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, ont confirmé, cette semaine, une mesure attendue par de nombreux éleveurs : désormais, un tir de défense sera autorisé contre un loup ayant attaqué un troupeau, même si celui-ci n’était pas préalablement protégé par des dispositifs spécifiques. « Protégé ou non, l’éleveur aura le droit à un tir de défense », a confirmé Annie Genevard. « Le statu quo face à une telle prédation, ce n’est pas possible », a insisté Mathieu Lefèvre,

12 000 animaux tués en France

En dix ans, l’expansion du loup sur le territoire national s’est accélérée. Selon les premiers chiffres de 2025, environ 12 000 animaux d’élevage auraient été tués en France. En Isère, ces chiffres sont pourtant en baisse : 972 bêtes tuées en 2023 dans 451 attaques, 598 en 2024 pour 313 attaques. Mais la présence du loup sur notre territoire reste un problème pour beaucoup d’éleveurs. Jusqu’à présent, ces derniers devaient mettre en place des clôtures adaptées ou d’autres dispositifs de protection avant de pouvoir prétendre à des tirs de défense ou à une indemnisation en cas d’attaque. Pour le gouvernement, cette exigence n’est plus adaptée : « Elle visait à inciter les éleveurs à se protéger, mais elle n’est plus pertinente au moment où le loup attaque de nouveaux territoires, par définition peu protégés », a expliqué la ministre.

Vers un assouplissement des règles

La future réglementation, applicable dans les prochaines semaines, permettra également aux brigades mobiles spécialisées et aux louvetiers d’effectuer des tirs de prélèvement et d’organiser des battues, y compris pour défendre des élevages non encore protégés. En contrepartie, les éleveurs concernés devront s’engager à mettre en place des dispositifs de protection dans l’année suivant l’intervention. Autre évolution notable : l’indemnisation ne sera plus automatiquement suspendue après deux attaques si le troupeau n’est pas protégé, à condition que l’éleveur ait engagé une démarche de sécurisation, même si celle-ci n’est pas finalisée.

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