Le Procureur de la République de Lyon a tenu ce lundi après-midi une conférence de presse pour donner des éléments sur la mort de Quentin Deranque, un étudiant isérois de 23 ans, décédé après avoir été roué de coups lors d’affrontements entre militants d’extrême gauche et d’extrême droite.
Les faits ont débuté jeudi 12 février vers 17h30, en marge d’une conférence de la députée européenne insoumise Rima Hassan au sein de l’école Sciences Po de Lyon. Selon le Procureur de la République, sept jeunes femmes du collectif Némésis ont déployé une banderole devant l’école pour protester contre cette venue. Elles avaient au préalable demandé à certains de leurs amis de venir les aider en cas de violence.
Une altercation en deux temps
Ces derniers qui étaient restés à l’écart ont été pris à partie par un groupe d’une vingtaine d’individus masqués ou cagoulés. Certains sont parvenus à s’échapper mais trois jeunes hommes se sont retrouvés isolés. Ils ont été jetés au sol et frappés à de très nombreuses reprises par au moins six individus qui ont ensuite pris la fuite.
Quelques minutes plus tard, un ami de Quentin Deranque est venu le relever. Il était encore conscient et parvenait même à s’exprimer même s‘il avait oublié le déroulé des faits. Cet ami a cherché a ramener Quentin chez lui mais en chemin, après plus d’un kilomètre de marche, son état s’est dégradé. Il l’a alors allongé sous un abris bus quai Fulchiron et a appelé les secours. Quentin Deranque est mort des suites de ses blessures deux jours plus tard à l’hôpital.
L’autopsie révèle des blessures mortelles à la tête
L’autopsie pratiqué ce lundi matin a permis de déterminer qu’il présentait essentiellementdes lésions à la tête avec un traumatisme cranio-encéphalique majeur. En conséquences, une enquête criminelle pour homicide volontaire, violences aggravées et association de malfaiteurs, a été confiée aux services de police de Lyon qui tentent pour l’instant d’identifier tous les protagonistes directs de la rixe. Un travail qui semble déjà bien avancé puisquele Procureur de la République a laissé entendre qu’il y aurait des interpellations prochainement.
Plus tôt dans la journée, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait évoqué la possible implication du groupe antifasciste La Jeune Garde, fondé à Lyon en 2018 et dissous en juin dernier. Ce collectif d’extrême gauche avait été créé par Raphaël Arnault, aujourd’hui député de La France insoumise. Ce dernier a exprimé sur le réseau social X son « horreur et dégoût » après la mort de l’étudiant.
La France Insoumise rejette toute responsabilité
Dans un communiqué diffusé dimanche, La Jeune Garde a contesté toute responsabilité dans ces « tragiques événements », affirmant avoir « suspendu toutes ses activités » depuis sa dissolution. De son côté, le collectif identitaire Némésis a indiqué que Quentin Deranque assurait la sécurité de plusieurs militantes et qu’il aurait été agressé par des militants antifascistes, dont certains issus de La Jeune Garde. Sa présidente, Alice Cordier, a publiquement désigné l’un des agresseurs présumés comme étant Jacques-Elie Favrot, présenté comme assistant parlementaire de Raphaël Arnault.
Cette affaire qui suscite une vive émotion s’annonce explosive et les conclusions de l’enquête vont forcément exacerber les joutes politiques. A moins d’un mois des élections municipales, la tension risque de monter encore d’un cran malgré l’appel au calme lancé par le Président de la République, Emmanuel Macron. Vendredi soir à Grenoble, des affrontements ont eu lieu dans le centre-ville pendant un meeting du Rassemblement National.