Des révélations du Dauphiné Libéré laisse penser que la grenade lancée vendredi 6 février en pleine journée, dans un commerce grenoblois, n’était pas un acte d’intimidation. Un constat très inquiétant.
L’attaque s’est déroulée, la semaine dernière, en pleine journée sur le boulevard Gambetta dans le centre-ville de Grenoble. Un homme cagoulé à lancé une grenade à l’intérieur d’un institut de beauté avant de s’enfuir en courant en refermant la porte sur les clients. Six personnes ont été légèrement blessées dont une fillette de 6 ans. La scène a été filmée par un complice puis postée sur les réseaux sociaux. L’acte a même été revendiqué par un mystérieux groupe Fenec38 sans que les autorités confirment, pour l’instant, un lien direct avec les auteurs.
Une attaque similaire dans un bar il y a un an
Dans un premier temps, le procureur de la République qui s’était déplacé sur place avait annoncé que l’engin explosif n’était pas fait pour tuer et qu’il s’agissait d’un acte d’intimidation. Après l’analyse des experts, il semblerait qu’il se soit un peu avancé. Le Dauphiné Libéré révèle en effet, ce mercredi, que la grenade utilisée serait bien létale : un modèle à fragmentation de fabrication serbe du même type que celui lancé le 12 février 2025 dans un bar associatif du Village Olympique à Grenoble. L’explosion avait blessé 15 personnes dont 6 gravement.
Une volonté de tuer des gens au hasard
L’acte insensé de la semaine dernière aurait donc pu avoir des conséquences plus dramatiques mais, par chance, l’explosion a eu lieu au pied d’un escalier dont les marches ont sûrement protégé les personnes présentes des projections de billes d’acier contenues dans la grenade. Il n’en reste pas moins qu’un cap a été franchi avec cette violence aveugle qui met désormais en danger des personnes qui ont simplement la malchance d’être au mauvais endroit, au mauvais moment.
Un élu de gauche demande l’intervention de l’armée
Une situation qui a fait réagir le conseiller régional grenoblois Stéphane Gemmani (PS) qui demande « l’appui de forces à statut militaire aux côtés de la police nationale et de la gendarmerie. C’est une responsabilité prévue par nos institutions lorsque la sécurité des civils est gravement mise en cause. L’État est désormais attendu sur sa capacité à reprendre pleinement la maîtrise de la situation. » En févier 2025, après la première attaque à la grenade, le ministre de l’intérieur de l’époque Bruno Retailleau était venu à Grenoble tenter d’affirmer son autorité, visiblement sans succès. Pour l’instant, son successeur, Laurent Nuñez, a préféré ne pas bouger.