Le ralliement à Alain Carignon de la liste « Grenoble, la belle ambition ! », conduite par Pierre-Édouard Cardinal et soutenue jusqu’à ce matin par le parti Renaissance, continue de susciter de vives réactions dans le paysage politique grenoblois. La députée de la 1ʳᵉ circonscription de l’Isère, Camille Galliard-Minier, a publiquement condamné ce choix, provoquant une réponse ferme de son ancienne alliée.
Dans un communiqué, Camille Galliard-Minier dit « regretter profondément » une décision qu’elle considère comme « un reniement total des valeurs » qu’elle affirme défendre en tant que députée du groupe Ensemble pour la République. Elle estime qu’« une autre voie était possible », celle d’un rassemblement des sociaux-démocrates, progressistes et centristes, et dénonce un retour vers « un triste passé ».
« Un retour vers un triste passé » selon la députée Camille Galliard-Minier
Une prise de position immédiatement contestée par Émilie Chalas. Dans sa réponse, l’ancienne députée grenobloise revendique son engagement sur le terrain aux côtés de Pierre-Édouard Cardinal et des militants, qu’elle oppose à ce qu’elle décrit comme l’absence et les critiques de certains responsables politiques. Elle fustige une « attitude de procureur », jugeant plus facile de condamner que de chercher des compromis au contact du réel.
Émilie Chalas récuse également toute remise en cause des valeurs qu’elle partage avec son candidat et ses colistiers, estimant que le communiqué de Camille Galliard-Minier relève du « faux-semblant » et de « l’alibi politique ». Selon elle, aucune alternative crédible n’existait, affirmant que Place Publique ne souhaitait pas d’alliance avec Renaissance et que Camille Galliard-Minier s’était toujours opposée à une fusion avec Hervé Gerbi.Gabriel Attal suspend Emilie Chalas après son ralliement à Carignon
Gabriel Attal retire le soutien de son parti et suspend Emilie Chalas
En fin de journée, l’état major national de Renaissance présidé par Gabriel Attal, a tranché le débat en retirant son soutien à cette nouvelle coalition et en suspendant Emilie Chalas de ses fonctions de présidente du parti en Isère. Si son coup de poker ne fonctionne pas, l’ancienne députée grenobloise aura peut-être perdu plus qu’une élection.