Après avoir d’abord misé sur un projet alternatif, la Ville de Grenoble a finalement choisi l’équipe de La Belle Électrique pour reprendre l’ancien site de La Bobine, situé en bordure du parc Paul-Mistral. Une décision validée par le conseil municipal le 2 février, après plusieurs mois de turbulences pour ce lieu culturel emblématique, marqué sa fermeture en juin 2025, une occupation illégale à l’automne, puis une expulsion en décembre.
Ce jeudi, l’équipe repreneuse a levé le voile sur ses intentions. Sans bouleverser l’ADN du lieu, elle entend recentrer le projet sur la musique. Studios de répétition, salle de concert de 300 places et bar seront conservés, mais sous une nouvelle identité. Le nom La Bobine disparaîtra, par respect pour son histoire et son ancienne équipe, tout comme le fonctionnement associatif et participatif. « Pour le public, l’offre restera proche », assure Frédéric Lapierre, directeur de La Belle Électrique, avec davantage de concerts et une programmation musicale renforcée.
Provisoirement surnommé « le bowling » qu était sa raison d’être il y a une vingtaine d’années, le lieu ambitionne de devenir un espace dédié à la découverte artistique, avec une place importante accordée à la scène locale et aux esthétiques émergentes avec une jauge complémentaire de celle de la Belle Electrique. Les tarifs des concerts seront accessibles, la billetterie n’étant pas le pilier du modèle économique. L’objectif affiché : faire du spectacle le cœur de l’activité alors que dans l’ancien fonctionnement le bar était le moteur commercial.
La Belle Électrique prévoit un investissement de 300 000 euros pour moderniser les équipements, notamment les studios de répétition, qui seront accessibles aux artistes accompagnés par la structure mais aussi à la location. La réouverture est espérée pour septembre 2026. D’ici là, l’équipe souhaite associer les habitants au projet, avec notamment un «apéro brainstorming» prévu le 24 février, afin d’imaginer collectivement l’avenir de ce lieu culturel très attendu à Grenoble.

A l’abandon depuis cet été, La Bobine a été squattée pendant plusieurs mois à l’automne