Et si une simple odeur pouvait vous ramener en classe de maternelle, dans la cuisine de votre grand-mère ou sur une plage de vacances ? Invitée de l’émission Le +, Vanessa Larue a présenté son projet aussi poétique qu’innovant : associer les odeurs à nos souvenirs pour créer des expériences immersives. Une aventure sensorielle née en Isère, à la croisée de l’art, de la science et du design. A découvrir… et sentir jusqu’au 8 mars à la Casemate à Grenoble.
Le gratin du dimanche, le gel douche d’un amour passé ou les aiguilles de pin des vacances… En un souffle, l’odeur vous replonge des années en arrière. Ce n’est pas qu’une impression : l’odorat est le sens le plus directement connecté au centre des émotions et de la mémoire. « C’est le sens qui nous fait remonter le plus loin dans le temps », explique Vanessa Larue. Plus puissant que les mots, parfois plus évocateur que les images, il agit sans détour sur nos souvenirs.
De l’ergonomie logicielle à l’émotion pure
Avant de créer SenSouvenir, sa start-up au nom intrigant, Vanessa Larue a travaillé près de vingt ans dans le design digital et l’ergonomie informatique, notamment pour Schneider Electric ou Orange. Un parcours très rationnel… jusqu’au déclic. «J’ai passé des années à développer les idées des autres. J’ai eu envie de développer la mienne », raconte-t-elle. Une idée simple et intime : pourquoi n’existe-t-il rien pour se souvenir par les odeurs, alors qu’elles nous bouleversent tant ?
Un cube pour voyager avec tous les sens
De cette intuition est né Sensoria, un dispositif immersif présenté à la Tech & Fest et visible à la Casemate jusqu’au 8mars. Concrètement, les visiteurs entrent dans un grand cube en bois et vivent une expérience en quatre tableaux : les abysses, le ventre de la mer, les souvenirs de l’humanité, la galaxie. Images en vidéomapping, sons spatialisés et odeurs spécialement conçues composent un voyage multisensoriel. Chaque spectateur reçoit des touches de parfumeur à sentir au fil de la narration, pour créer sa propre « bulle olfactive ».

Un projet collectif entre art, science et artisanat
Autour de Vanessa Larue gravite un collectif de talents : parfumeur-aromacologue, vidéastes, compositeurs, neuroscientifique, designers et charpentiers locaux. Le bois du cube, fabriqué par des artisans de la région, n’est pas un hasard : matière vivante, rassurante, déjà chargée d’odeurs familières.
Une neuroscientifique accompagne aussi le projet pour expliquer le lien entre mémoire, émotions et sens. Sensoria devient ainsi un pont entre création artistique et médiation scientifique.
Des souvenirs personnels aux usages de demain
Aujourd’hui démonstration artistique, demain outil polyvalent. Vanessa Larue imagine déjà des déclinaisons pour : les marques (raconter l’histoire d’un produit autrement), les artistes (sublimer leurs œuvres), la musique, le tourisme, notamment en montagne, et à terme… des dispositifs ultra-personnalisés. Son rêve ultime ? Créer une « boîte à souvenirs » capable de restituer l’odeur d’une écharpe de grand-mère, d’un doudou ou d’un poulet rôti du dimanche pour faire revivre une mémoire intime
Quand l’innovation touche au cœur
Les premières présentations ont déjà ému le public. Certains visiteurs sont sortis bouleversés, parfois les larmes aux yeux. Car derrière la technologie, l’objectif est clair : reconnecter les gens à leurs souvenirs heureux, à leurs émotions, à ce qui fait du bien. « Je veux faire rimer entrepreneuriat avec émotion », résume Vanessa Larue. Pari audacieux… qui sent bon l’air du temps.
🎥 Vanessa Larue était l’invitée de l’émission « Le + »