Ce lundi 2 février 2026, Éric Piolle a présidé son dernier conseil municipal en tant que maire de Grenoble, après deux mandats entamés en 2014. À quelques semaines des élections municipales (15 et 22 mars), l’édile écologiste a rappelé sa volonté de passer la main, tout en affichant son soutien à la liste conduite par Laurence Ruffin.

Au total, Éric Piolle aura présidé « une grosse centaine de conseils municipaux depuis le début avril 2014 ». Un exercice qu’il décrit comme un moment institutionnel important, mais dont il pointe aussi les limites démocratiques. « La vie municipale française n’est pas bien démocratique », estime-t-il, évoquant un fonctionnement qu’il juge atypique : « Je préside le délibératif alors que je suis chef de l’exécutif. » Selon lui, cette organisation surprend régulièrement ses homologues étrangers, « sidérés de voir comment ça se passe en France ».

Pour le maire sortant, ce dernier conseil municipal reste avant tout le symbole d’un travail collectif, mêlant décisions structurantes et projets concrets. Il revendique « le fruit du travail, du cap qui est mis en œuvre », en référence à une ligne municipale axée sur « un cap de solidarité, de robustesse, d’éducation », avec l’objectif de « réduire les inégalités » et de positionner Grenoble comme « un peu pionnière dans cette transition environnementale et sociale ».

Une fin de mandat, et une volonté de retrait local

Dans l’hémicycle, ce dernier conseil s’est tenu sous le regard de plusieurs figures déjà engagées dans la campagne municipale : Alain Carignon (soutenu par Les Républicains) et Romain Gentil (Place Publique), tous deux élus au conseil municipal, ainsi qu’Allan Brunon (La France insoumise), présent dans l’espace réservé au public.

Interrogé sur l’après-mairie, Éric Piolle assure qu’il ne restera pas un acteur de la vie politique grenobloise. « Grenobloise, non, non », tranche-t-il. Une décision qu’il dit ancienne : « Je l’avais dit pendant la campagne de 2014 ». Pour lui, la transmission est une nécessité démocratique : « C’est important que la tête de pont change », afin d’ouvrir « des espaces » et de permettre un renouvellement du style politique. Il résume cette logique par une image : « Pour avancer, il faut un peu comme en bateau, tirer des bords. »

S’il affirme rester attaché à Grenoble, « j’ai toujours autant de plaisir à me réveiller et à voir les montagnes », le maire sortant insiste sur sa volonté de ne pas peser sur la suite : « Je ne serai pas l’espèce de vieille ombre, d’ex qui continue de rôder dans le paysage. » À un mois du scrutin, Éric Piolle a confirmé son choix pour la succession : « Je soutiens Laurence Ruffin et son équipe, pleinement, sans aucune réserve », tout en précisant vouloir rester à distance : « à ma place, c’est-à-dire en essayant de ne pas être trop présent, notamment dans les temps publics. »

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