La startup deeptech grenobloise DIAMFAB a inauguré, en janvier, sa première base industrielle dédiée à la production de wafers en diamant semi-conducteur. Une première en Europe.
Issue de la recherche publique, DIAMFAB franchit ainsi le cap de l’industrialisation avec une ligne pilote de production pré-industrielle, destinée à qualifier les procédés et à préparer une montée en échelle industrielle. À l’horizon 2028, le site devrait être capable de produire plusieurs dizaines de milliers de plaques de diamant semi-conducteur par an, avec des standards industriels élevés en matière de qualité et de fiabilité.
Un matériau de rupture pour l’électronique de puissance
Grâce à des performances électriques et thermiques supérieures au carbure de silicium et au nitrure de gallium habituellement utilisés, le diamant semi-conducteur ouvre la voie à des composants plus compacts, plus robustes et nettement plus efficaces. Il permet notamment des rendements proches de 99 %, un fonctionnement à très haute température et une forte réduction des besoins en refroidissement, contribuant à limiter l’empreinte carbone des systèmes électroniques.
Cette mise en service marque une étape clé dans la structuration d’une filière européenne de semi-conducteurs de nouvelle génération, stratégique pour la souveraineté technologique et la transition énergétique. Cette technologie intéresse des secteurs stratégiques tels que la mobilité électrique, les réseaux électriques, l’aéronautique, les data centers, mais aussi des domaines de pointe comme le quantique, le spatial ou le nucléaire.
Un projet industriel ancré dans l’écosystème grenoblois
Installée sur un site de 750 m², dont 150 m² de salle blanche, la base industrielle représente un investissement de 4 millions d’euros. Depuis sa création, DIAMFAB a levé 8,7 millions d’euros, avec le soutien d’investisseurs privés et d’acteurs publics tels que la Région Auvergne-Rhône-Alpes, la Métropole Grenoble-Alpes et Bpifrance.
Le projet s’appuie également sur des partenariats industriels majeurs, notamment avec Schneider Electric, STMicroelectronics, Soitec et Murata, illustrant la vitalité de l’écosystème local des micro- et nanotechnologies.“Avec cette ligne pilote, l’Europe se dote d’un outil industriel crédible pour s’affirmer face aux États-Unis et à l’Asie dans la course aux semi-conducteurs de rupture ”, souligne Gauthier Chicot, directeur général de DIAMFAB.
🎥 Souvenirs, souvenirs… En 2020, le fondateur de DIAMFAB nous expliquait son concept révolutionnaire sur TéléGrenoble