Le tribunal correctionnel de Paris a condamné ce vendredi douze militants de l’association Ultime Liberté, qui milite pour le droit au suicide. Ils ont été reconnus coupables d’avoir facilité l’accès, via internet, à du pentobarbital, un barbiturique interdit en France, pour des personnes souhaitant mettre fin à leurs jours.
Parmi les prévenus, âgés de 75 à 89 ans, trois Isérois figurent au dossier : Guy Lechartier et François Galichet, 82 ans, ainsi que Marie-Christine Coilbault, 76 ans. On les avait rencontrés en septembre à Grenoble avant le début du procès. Ils risquaient sur le papier jusqu’à 5 ans de prison.
Les deux premiers ont écopé de huit mois de prison avec sursis. La troisième a été condamnée à une amende de 2 000 euros, dont la moitié avec sursis. La fondatrice de l’association, Claude Hury, a quant à elle été condamnée à dix mois de prison avec sursis, les juges pointant un « amateurisme dans l’accompagnement » des personnes concernées.
Le procès, qui s’est tenu entre mi-septembre et début octobre, s’inscrivait dans un contexte de débat national sur la fin de vie. Si le tribunal a reconnu l’évolution des attentes de la société sur cette question, il a rappelé qu’il ne pouvait « anticiper sur l’avènement d’une loi ». Les militants, qui contestent le principe même des poursuites, ont annoncé faire appel de la décision.