Depuis l’annonce du décès de Brigitte Bardot ce week-end, les réactions pleuvent. De nombreuses personnalités ont croisé l’actrice culte du cinéma français des années 60. Parmi eux, l’ancien maire de Grenoble, Alain Carignon, qui évoque, dans un communiqué, un souvenir marquant…
« À l’heure où cette icône nous quitte, où les hommages pleuvent, on ressent tous quelque chose de Brigitte Bardot. Demeurera l’image de l’actrice qui a incarné la France avec un éclat et une beauté qui ont subjugué des générations de Français. Mais sa personnalité force aussi le respect : à un moment de sa vie, elle a décidé de ne plus tricher. Ni avec elle-même, ni avec les autres. Quelles qu’en soient les conséquences pour son propre confort.
Pour ma part je conserve un souvenir précis de sa visite au Ministre de l’Environnement que j’étais. D’abord, contrairement aux habitudes, tous les bureaux des collaborateurs avaient leur porte ouverte quand elle a traversé les couloirs du Ministère. Elle venait plaider ses causes des animaux, dont je suis moi-même si proche.
Mais en réalité je la regardais plus que je ne l’écoutais, le son de sa voix devait me marquer plus que la portée de ses mots. Elle devait s’en rendre compte. Tout à coup elle s’est saisie de mon mollet avec ses deux mains, a enfoncé ses ongles en tenaille et m’a dit : « c’est très peu de chose, Monsieur le Ministre, que cette douleur, imaginez celle des animaux qui meurent lentement pris par un piège à mâchoire à leur patte, qui se vident de leur sang pendant des heures, vous devez interdire cette pratique barbare… ». Et elle a enfin lâché mon mollet… Je l’avais alors écoutée intensément.
Cette anecdote démontre son engagement si sincère pour la cause animale. Quant aux autres traits insondables de son caractère, son rapport à la maternité, sa solitude, comment ne pas imaginer qu’une enfance sans affection n’a pas profondément façonné sa nature profonde, faisant de Brigitte Bardot une femme étonnamment libre en effet pour son époque, sans limites, mais qui a eu besoin des animaux pour satisfaire ce besoin inassouvi de tendresse qui lui a manqué à l’aube de sa vie, que ni les hommes, ni le cinéma ne pouvaient satisfaire ».