« On a marché sous la terre » retrace les tentatives des spéléologues Cédric Lachat et David Parrot de joindre pour la première fois le célèbre gouffre Berger dans le Vercors avec le réseau de la Fromagère. L’occasion d’un questionnement sur les raisons qui poussent ces « conquérants de l’inutile » à supporter des conditions extrêmes, à près d’un kilomètre sous la surface terrestre.
S’enfoncer toujours plus loin dans les entrailles de la terre en luttant contre la fatigue et le froid, les glaçant jusqu’aux os, dans des zones reculées et obscures où le temps n’a plus sa place. Voilà ce qu’ont dû affronter les spéléologues dans leur tentative de rejoindre le gouffre Berger, première cavité dans laquelle les ‑1000 mètres ont été atteints dans les années 50, et la Fromagère, dans le Vercors.
« Pour moi, aller à ‑900, c’est comme aller à 8 000 mètres d’altitude, se confie Cédric Lachat dans le film documentaire « On a marché sous la terre », récompensé au Chamonix Film Festival. « Un secours est peut-être possible, mais il semble inconcevable ».
Alors, ce fanatique de la glaise et des missions engagées s’impose une vigilance constante. « Plein de gens vont à 8 000, plein de gens vont à ‑900. Mais… il faut contrôler tout ce qu’on fait. » Nourriture, bivouac sous terrain, pontonnière et néoprène, sans oublier un équipement spécial afin d’évoluer sur corde sous terre : l’équipe ne laisse rien au hasard pour affronter le trou complexe de la Fromagère, connu pour ses crues torrentielles. Sa liaison avec le mythique gouffre Berger, considéré jusqu’en 1963 le plus profond du monde, avait déjà été réalisée par la voie des eaux, en plongée.