Le coq français menacé, des éleveurs à la rescousse

Symbole national fièrement perché sur les clochers, frappé sur les pièces de monnaie ou brodé sur les maillots des Bleus, le coq est partout. Pourtant, la race de coq réellement représentée, la Gauloise saumonée dorée, frôle la disparition. Les éleveurs de la ferme du Petit Bois des Allobroges, à Saint-Maximin, s’attellent à redonner vie à cet oiseau emblématique.

« On avait pour projet de faire de l’agroforesterie. La Gauloise étant très rustique, proche de l’ancêtre sauvage qui vit en forêt, elle remplissait bien ce rôle. D’autant plus qu’elle était menacée de disparition« , explique Lauren Mirleau, éleveuse à la ferme Le Petit Bois des Allobroges, fondée en 2021. Aujourd’hui encore, rien n’est gagné. « La race n’est pas sauvée. Il y a des évolutions positives, mais il ne faut pas relâcher« , insiste-t-elle. Une poignée d’éleveurs comme elle résistent à la logique industrielle pour faire renaître une race ancienne… et fière.

Mais la tâche est ardue. Les maladies, les prédateurs, et surtout le désintérêt du monde agricole, freinent la relance. La Gauloise ne pond pas autant, ne grossit pas aussi vite que les standards modernes, et son rendement ne convainc pas les filières industrielles. Pourtant, elle fascine : son plumage saumoné, ses oreillons blancs, ses pattes gris ardoise et sa crête rouge confèrent à cette poule une élégance rustique inimitable.

Clément Lopes Da Silva, le compagnon de Lauren raconte le défi du démarrage : « On a mis plus d’un an pour trouver les premiers sujets, il y a trop peu d’effectifs pour démarrer à grande échelle. On ne peut pas commander 200 œufs ou poussins, c’est impossible. Alors on commence petit. » Le couple élève, reproduit, et sécurise patiemment son cheptel. Leur approche est artisanale, mais elle porte ses fruits : chaque année environ 50 poussins naissent. Le prix d’un couple coq-poule : 90 euros

 

➡️ Découvrez en vidéo les coulisses de cette ferme qui fait renaître un patrimoine vivant.

 

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