Depuis le 8 août, l’Isère subit une vague de chaleur qui pourrait figurer parmi les plus longues de ces dernières décennies. Selon Météo-France, l’épisode pourrait durer jusqu’au 20 août, soit près de deux semaines de températures exceptionnellement élevées qui ne seront pas sans conséquence. C’est la 51ème vague de chaleur enregistrée par Météo France depuis 1947 et la deuxième de l’été 2025.
Grenoble et ses alentours sous un dôme de chaleur.
Ce mardi, le département est placé en vigilance rouge pour la deuxième fois de son histoire. À Grenoble, les stations de mesure ont déjà enregistré 38,5 °C à Saint-Martin-d’Hères lundi après-midi, et 39 °C à Voiron. Les zones urbaines, piégées par l’effet « îlot de chaleur », souffrent davantage : le béton et l’asphalte restituent la chaleur accumulée, rendant les soirées étouffantes. Les communes du sud Grésivaudan et du Bas-Dauphiné connaissent également des températures extrêmes, tandis que le Trièves et la Matheysine profitent d’un léger répit grâce à l’altitude.
Météo-France prévoit une dégradation orageuse mercredi, mais celle-ci ne devrait pas suffire à rafraîchir durablement l’air. Un nouveau pic de chaleur est attendu vendredi, notamment sur l’ouest du département, avec des valeurs qui pourraient frôler ou dépasser les 40 °C dans la vallée du Rhône.
Des précédents marquants en Isère
Cette canicule s’inscrit dans une tendance observée ces dernières années comme le confirme le graphique des records de chaleur annuel en Isère depuis 10 ans. L’été 2019 avait marqué les esprits avec 40,6 °C relevés à Grenoble-Saint-Geoirs, et des pics supérieurs à 41 °C dans la vallée du Rhône. En 2022, trois vagues successives avaient provoqué une hausse significative des hospitalisations pour coups de chaleur et déshydratation dans les hôpitaux de l’agglomération.
Les conséquences économiques avaient été importantes : cultures de maïs grillées dans le nord-Isère, restrictions d’eau dans de nombreuses communes, et annulations d’événements estivaux, notamment des compétitions sportives en plein air. Les services municipaux avaient dû ouvrir des salles climatisées et étendre les horaires des piscines pour accueillir les habitants.
Un défi qui se répète et s’intensifie
Météo-France rappelle que la fréquence et l’intensité des vagues de chaleur augmentent. En Isère, les épisodes dépassant les 10 jours consécutifs étaient exceptionnels il y a trente ans ; ils tendent aujourd’hui à se multiplier, avec des conséquences directes sur la santé, l’environnement et l’économie locale.
En attendant la fin de l’épisode, les autorités recommandent : de boire régulièrement même sans soif ; de limiter les sorties et les activités physiques aux heures les moins chaudes ; de prendre des nouvelles des personnes vulnérables, notamment les personnes âgées isolées et de ne jamais laisser un enfant ou un animal seul dans un véhicule, même quelques minutes.
Piscine gratuite à Echirolles
Pour permettre à tout le monde de se rafraîchir, certaines villes ont installé des points d’eau temporaires dans les espaces publics et proposent sur leur site une carte des lieux de fraîcheur. Des piscines municipales deviennent également gratuites pour les habitants de la commune. C’est le cas, par exemple, à Echirolles jusqu’à dimanche soir. Un numéro vert « Canicule info service » est également mis en place par l’Etat (0800 06 66 66). Il permet d’avoir des conseils pour éviter la surchauffe durant cette période particulière.