On pensait l’avenir de l’Alpe du Grand Serre scellé. Début juillet, la communauté de communes de la Matheysine a voté la fermeture définitive des remontées mécaniques de la station, prévue pour le 28 septembre, à l’issue de la saison estivale. Une décision lourde de conséquences pour les quelque 200 emplois directs et indirects liés au site.
Pour justifier ce choix, les élus ont avancé plusieurs arguments : des déficits budgétaires chroniques, l’impossibilité de trouver un modèle économique viable, l’absence de soutien de l’État pour investir dans de nouveaux équipements, mais aussi la diminution inéluctable de l’enneigement en moyenne montagne.
Des voix qui s’élèvent contre la fermeture
À l’approche de la date fatidique, certains acteurs refusent toutefois de voir disparaître la station. Le maire de La Morte, où se situe l’Alpe du Grand Serre, envisage de reprendre en direct la gestion du domaine skiable, avec l’appui éventuel d’autres collectivités, comme celle de l’Oisans, qui pourraient assumer un fonctionnement déficitaire.
Dans une interview publiée ce mercredi 3 septembre par Le Dauphiné Libéré, Jean-Luc Boch, président de l’Association nationale des maires de stations de montagne, a dénoncé une“aberration politique”. Selon lui, la communauté de communes de la Matheysine aurait privilégié des considérations politiques au détriment de l’économie, alors que la station aurait encore“ un avenir sur les cinquante prochaines années”.
Une riposte virulente de la Matheysine
Des propos qui ont immédiatement fait réagir Coraline Saurat, présidente de la communauté de communes de la Matheysine. Sur sa page facebook dans une déclaration intitulée“Marre de Nous taire et de subir“, elle a qualifié les déclarations de Jean-Luc Boch“d’ignominie et d’aberration”, l’accusant de méconnaître le dossier et de “cracher au visage des 54 élus ruraux et de montagne, de tous bords politiques, dévoués à leur territoire”.
Elle a également rappelé que lors de la mobilisation de l’automne dernier, destinée à offrir un sursis à la station, l’association présidée par Jean-Luc Boch n’avait contribué qu’à hauteur de 10 000 euros, alors qu’il manquait un million. Et d’ajouter, en rappelant que Jean-Luc Boch est aussi le maire de La Plagne, l’une des stations les plus riches de France :“C’est facile de donner des leçons quand on a les poches pleines. Les riches moralisateurs qui regardent les petits crever à coups de grandes déclarations… Monsieur Boch en est le cliché parfait.”
Une affaire loin d’être close ?
À quelques semaines de la fermeture officielle, le dossier de l’Alpe du Grand Serre continue donc d’enflammer les débats. Entre enjeux économiques, climat politique et attachement au territoire, l’avenir de la station reste, pour certains, loin d’être définitivement écrit. Surtout que dans six mois, les habitants de ce territoire auront l’occasion de donner leur avis. Non pas dans la presse mais dans les urnes.