La saison de chasse s’est ouverte ce dimanche en Isère dans un contexte particulièrement tendu : celui de la multiplication des sangliers, dont la population, en forte croissance, cause des ravages dans les zones agricoles et périurbaines. Ce phénomène, de plus en plus difficile à contenir, pousse les autorités locales à durcir les règles de régulation.
Une espèce responsable de la quasi-totalité des dégâts agricoles
Entre 2017 et 2022, les sangliers ont été à l’origine de plus de 95 % des dégâts agricoles recensés dans la métropole de Grenoble. Si cette dernière ne représente que 3 % de la surface agricole utilisée dans le département, elle concentre pourtant jusqu’à 18,6 % des dégâts, illustrant l’ampleur du problème en zone urbaine et périurbaine.
Les zones les plus touchées ne se limitent pas aux exploitations agricoles : les intrusions de sangliers dans les jardins privés ou en lisière des centres urbains se multiplient, notamment dans les communes où la chasse est plus difficile à organiser, comme Grenoble, Échirolles, Eybens et Pont-de-Claix.
Davantage de jours de chasse imposés
Pour tenter de rétablir l’équilibre, la Fédération départementale des chasseurs de l’Isère impose un renforcement du dispositif de chasse. Chaque ACCA devra désormais organiser un minimum de quatre jours de chasse au sanglier par semaine, contre trois auparavant. Ce rythme doit permettre d’atteindre un total de 88 jours de chasse d’ici au 28 février 2026, date de clôture de la saison.
Une population de sangliers en forte hausse
Le nombre de sangliers abattus suit déjà une tendance à la hausse : entre 6 000 et 7 500 individus sont prélevés chaque année dans le département, contre une moyenne de 5 000 sur la décennie précédente. Cette augmentation reflète à la fois l’efficacité de la mobilisation des chasseurs et l’urgence d’agir face à une espèce désormais considérée comme envahissante.
Zones périurbaines : un casse-tête pour les chasseurs
La régulation se heurte toutefois à des contraintes importantes. Près de 40 % des dégâts se produisent à proximité immédiate de zones habitées ou de terrains privés, où les chasseurs doivent obtenir une autorisation spécifique. Dans ces secteurs sensibles, la présence du sanglier devient de plus en plus problématique, posant des questions de sécurité et d’efficacité.
Une facture salée pour l’agriculture
Le coût économique de cette situation est significatif. L’an dernier, près de 700 000 euros ont été consacrés à l’indemnisation des dégâts causés aux agriculteurs. Ce chiffre témoigne de l’impact réel de la prolifération du sanglier sur l’activité agricole et sur l’environnement.
Une saison de chasse sous haute tension
Face à cette urgence, la saison de chasse s’annonce cruciale pour tenter d’enrayer cette dynamique. La réussite de cette campagne dépendra de la capacité des chasseurs à intervenir efficacement, mais aussi de la coopération des propriétaires privés dans les zones sensibles. La pression est forte, tant sur le terrain que dans les chiffres.